Deux rencontres importantes pour la création d’un centre de l’exportation de l’Atlantique

Deux importantes rencontres pour la création d’un Centre de commercialisation et d’exportation du Canada Atlantique se dérouleront cette semaine à Ottawa. Son instigatrice, la sénatrice Pierrette Ringuette, espère qu’elles seront le prélude à des annonces d’engagement financier envers sa réalisation.

Cette initiative vise à aider les PME de l’est du Canada à percer davantage les marchés mondiaux. Jeudi, la sénatrice Ringuette a accueilli le premier ministre néo-brunswickois, Brian Gallant. Vendredi, elle discutera du projet avec le ministre des Sciences et du Développement économique et responsable de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique, Navdeep Singh Bains.

«J’ose croire que ce seront deux rencontres déterminantes», a dit plus tôt cette semaine la sénatrice indépendante qui, en compagnie du député fédéral de Madawaska-Restigouche, René Arseneault, en fait la promotion pour qu’il voit le jour dans le Nord-Ouest.

La sénatrice Ringuette a présenté son projet à la communauté économique de la région d’Edmundston, lundi midi (voir autre texte).
Selon elle, de par son expertise sous forme de guichet unique, ce centre deviendrait un chef de file, avec une infrastructure physique tout l’aspect numérique du commerce en ligne, pour aider les entreprises de l’Atlantique à accroître leur présence sur les marchés mondiaux.

En plus de son personnel, un tel centre proposerait une mise en valeur permanente des produits-vedettes de l’Atlantique. Des foires saisonnières seraient organisées pour attirer les investisseurs de partout dans le monde.

La sénatrice a rappelé que 95 % des exportations des entreprises de l’Atlantique se font aux États-Unis.

«On ne sait pas ce qui peut se produire avec l’élection de Donald Trump. Ça serait sûrement bon de ne pas avoir tous nos oeufs tous dans le même panier».

Selon les prévisions, les exportations pourraient rapidement être en hausse avec la création d’un tel centre.

«Le commerce mondial représente un potentiel énorme pour les exportations. Nous n’avons aucune recette pratique pour atteindre de nouveaux marchés. Un tel centre nous en donnerait l’opportunité», a-t-elle poursuivi en ajoutant qu’il était important de créer la marque «Fait au Canada atlantique».

La sénatrice Ringuette a fait remarquer que le Québec, l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique ont des représentants commerciaux dans près de 50 bureaux dans le monde. Le gouvernement fédéral a aussi plus de 1000 délégués dans 150 pays.

«Mais quand on demande aux délégués fédéraux quels sont les produits vedettes de l’Atlantique dont ils font la promotion, ils citent toujours le homard. Mais nous avons plus que cela à offrir dans l’est du Canada. Nos petites provinces n’ont peut-être pas la capacité financière d’avoir de tels bureaux, mais on peut s’en créer un ici chez nous pour attirer les investisseurs étrangers», a-t-elle continué.
Financement recherché

Selon la sénatrice Pierrette Ringuette, la création d’un tel Centre de commercialisation et de l’exportation du Canada atlantique nécessiterait une mise de fonds d’environ 3,2 milliards $, dont 2,7 millions $ proviendraient du fédéral et 580 000 $ des quatre provinces de l’Atlantique.

Les prévisions font aussi état qu’il pourrait fonctionner avec un budget annuel de l’ordre de 3,8 millions $ réparti en deux tranches de 1,9 million $ entre le fédéral et les quatre provinces.

La sénatrice Ringuette souhaite que le financement fédéral pour ce projet soit annoncé dans un avenir rapproché pour que l’on amorce sa mise en place.

«Le Canada célébrera son 150e anniversaire d’existence en 2017. Le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse sont deux des quatre provinces qui étaient là dès sa création. Ce serait une excellente façon pour Ottawa de reconnaître l’apport des citoyens de l’Atlantique dans ce pays», a-t-elle indiqué concernant ce projet sur lequel elle travaille depuis trois ans.

Des initiatives du genre existent dans d’autres pays dans le monde, dont à Taïwan, le modèle à l’origine de ces démarches.

Une initiative bien accueillie par le milieu des affaires

La création d’un tel Centre de commercialisation et d’exportation du Canada atlantique représenterait une belle vitrine pour les entreprises du Nord-Ouest, selon des dirigeants interrogés au terme du dîner mensuel de la Chambre de commerce de la région d’Edmundston, lundi.

Daniel Beauregard-Long est directeur général de Corruven Canada, une entreprise qui fabrique des panneaux et matériaux de bois en composite ultra légers à son usine de Saint-Basile. La compagnie est actuellement présente sur les marchés canadiens et américains. Selon lui, une telle initiative pourrait représenter des débouchés intéressants.

«C’est le bon timing pour ce projet puisqu’on parle de plus en plus de développer les possibilités commerciales liées à l’exportation», a dit M. Beauregard-Long.

La compagnie Fiready de Clair est spécialisée dans la confection de bois ce chauffage séché et ensaché pour une clientèle canadienne, américaine et d’outre-mer. Sa copropriétaire, Marielle Nadeau Clair, suivra l’évolution du projet avec intérêt.

«Ça mettrait les entreprises de l’Atlantique sur la carte du monde», a-t-elle indiqué.