Une économie en plein essor? Pas si sûr, selon Richard Saillant

L’économie néo-brunswickoise n’est pas en si bonne forme que veut bien le faire croire une campagne publicitaire du gouvernement provincial selon Richard Saillant. L’économiste n’a pu s’empêcher de le souligner avec humour, mardi sur Twitter.

Dans une campagne publicitaire lancée récemment afin de faire la promotion du Nouveau-Brunswick et du site emploisnb.ca, le gouvernement allègue que notre économie est en plein essor et que 3000 emplois sont disponibles dès maintenant dans la province.

Ces derniers jours, des tuiles sont tombées sur cette initiative. La CBC a rapporté que le nombre d’annonces recensées sur ce site est en effet d’environ 3000, mais qu’il y a de nombreux doublons.

La prétention que l’économie néo-brunswickoise pète le feu est elle aussi remise en question.

La publicité n’est pas tout à fait mensongère; le produit intérieur brut réel de la province a en effet augmenté de 2,3% en 2015, soit nettement plus que le taux de croissance national de 0,9%.

Mais comme l’a rappelé jeudi sur Twitter l’économiste et directeur de l’Institut Donald J. Savoie, Richard Saillant, il ne s’agit vraisemblablement que d’une anomalie.

Avec une bonne dose de sarcasme, il a tweeté un graphique comparant la croissance des économies néo-brunswickoise et canadienne depuis 2010, le présentant comme une illustration de «l’incroyable essor économique néo-brunswickois».

− Gracieuseté: Richard Saillant, Twitter
− Gracieuseté: Richard Saillant, Twitter

Le graphique est clair comme de l’eau de roche: l’économie néo-brunswickoise a certes repris des couleurs en 2015, mais cela ne change pas le fait qu’elle a connu un taux de croissance anémique ces dernières années.

«L’embellie de 2015 était temporaire, l’économie ayant été dopée par la chute historique du dollar et du prix du pétrole. On retourne plus ou moins à la nouvelle norme, avec une croissance autour de 0,5% par année. Parfois ce sera mieux, parfois pire, mais à la longue, ça devrait ressembler plus ou moins à cela», explique M. Saillant, par courriel.

Les grandes banques canadiennes sont à peu près du même avis que lui. Dans les rapports sur les perspectives économiques publiés à la fin de 2016, elles prédisent que la croissance en sera beaucoup plus modeste en 2016 qu’en 2015.

Par exemple, la RBC affirme entre autres que «l’envolée de 2015 était une dérogation de la règle générale voulant que la croissance soit léthargique au Nouveau-Brunswick.»