Trouver un employeur? Il y aura une appli pour ça

Vous avez déjà peut-être tenté de trouver l’amour avec une application du type Tinder. Vous avez peut-être même déjà trouvé le partenaire parfait grâce aux mystères d’internet. Un jeune entrepreneur de Moncton reprend le concept du populaire site de rencontre pour créer de meilleures relations entre les employeurs et les récents diplômés.

GradsFinder est l’idée de Thierry Comtois. Il s’agit d’une plateforme web de recrutement pour les milléniaux. Une façon de combler l’écart entre l’ancienne et la nouvelle génération.

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– Gracieuseté

«C’est une plateforme web avec laquelle on veut connecter les étudiants et les récents diplômés avec les entreprises. C’est un produit web, mais qui est aussi disponible sur mobile. Sur l’application, on retire les affichages de postes complètement. Ça devient plus un moteur de recherche. C’est là où on se distingue de la compétition. C’est un produit niche», a-t-il expliqué.

L’application sera officiellement lancée le 8 février lors du salon carrière de l’Université de Moncton. Déjà, le produit suscite un bon un intérêt. Plus de 700 étudiants y sont inscrits et au moins une grande entreprise compte devenir cliente.

Le but, pour les diplômés, est évidemment de trouver un emploi et pour les employeurs de trouver le meilleur candidat ou la meilleure candidate. Plutôt que d’afficher un poste auquel répond le candidat potentiel, on cherche plutôt à établir une relation entre une entreprise et un employé potentiel.

Dans leurs profils, les utilisateurs de GradsFinder inscrivent leurs valeurs personnelles. Alors que l’un parle de leur environnement de travail parfait, l’autre décrit la culture d’entreprise.

«En 2017, les entreprises cherchent des personnalités, des gens qui se distinguent et qui se démarquent. Ça va plus loin qu’un poste spécifique. On ne cherche pas nécessaire un employé pour une telle tâche. On cherche plutôt une personnalité qui va contribuer à notre entreprise et qui va s’adapter, parce qu’on est dans un environnement qui change constamment. Parfois, il n’y a pas de postes, mais une personne, avec la bonne personnalité, peut se créer sa propre place dans une entreprise», a précisé M. Comtois.

Avec l’application installée – sur Android ou iOS – ses utilisateurs pourront faire glisser leurs candidats favoris vers la droite, comme sur Tinder. Ce sera ensuite possible de planifier une entrevue d’un seul clic.

L’Université de Moncton, le CCNB et le Oulton College sont déjà des ambassadeurs de l’application auprès de leurs étudiants, faisant la promotion du nouvel outil.

Stéphanie Léger est la gestionnaire accessibilité et réussite étudiante au CCNB. Elle voit d’un bon œil l’arrivée de ce nouvel outil.

«Dans notre nouvelle planification stratégique 2016-2021, un des axes stratégiques est d’améliorer l’accès des diplômés aux employeurs. Donc, lorsque Thierry m’a présenté son application, ça cadrait très bien avec ce résultat escompté», a expliqué Mme Léger.

Avoir l’idée, c’est une chose, mais pour créer GradsFinder, Thierry Comtois a dû compter sur trois jeunes programmeurs qu’il embauche à temps partiel.

«Le but ultime, c’est vraiment d’être capable d’embaucher ces gens-là à temps plein et développer l’entreprise. On n’est pas si loin de ça. On approche. Ce sont vraiment des gens exceptionnels qui ont décidé d’embarquer dans cette vision», souligne-t-il.

Il est possible de s’inscrire à ce nouveau service en visitant leur site.

De hockeyeur à entrepreneur

Thierry Comtois. Le nom n’est pas inconnu. L’athlète a évolué avec les Aigles Bleus de l’Université de Moncton. Avant de joindre le Bleu et Or, il a joué pour les Commandos de Dieppe et il a donné trois ans de sa vie aux Foreurs de Val-d’Or, dans la LHJMQ.

Après avoir terminé ses études en administration des affaires à l’Université de Moncton, le jeune homme originaire de Sherbrooke pensait poursuivre ses études à la maîtrise. Un voyage à Toronto a cependant tout fait basculer en septembre 2016.

«Quand je suis revenu dans l’avion un lundi soir, je savais que je voulais quelque chose de nouveau. Je savais que je voulais entreprendre quelque chose et toucher au côté pratique pour apprendre de ça», a confié M. Comtois.

Il venait d’assister à une conférence organisée par un entrepreneur bien connu originaire du Grand Moncton, Dan Martell. À cet événement, il a été en mesure de discuter de son idée avec des gens d’expérience et de trouver l’inspiration nécessaire pour se lancer. Du coup, il a quitté la maîtrise et sa carrière au hockey.

«Après deux ou trois jours, assis sur les bancs d’école, je voyais les X et les O au tableau, je savais que je voulais quelque chose de pratique!»

Le choix de lancer sa carrière à Moncton n’a pas été facile. Sa famille et sa copine sont à Sherbrooke. Ici, il bénéficie toutefois d’un réseau d’entrepreneurs tissé serré qui l’appuie dans sa démarche.

«Pourquoi retourner à Sherbrooke, ou aller à Montréal ou Toronto, pour développer quelque chose alors qu’ici, j’ai une équipe, des coachs, des mentors et un environnement qui m’appuie? J’avais déjà des relations entamées. Je parlais déjà avec Assomption Vie et UNI», a-t-il souligné.

Il prévoit par contre de faire grandir GradsFinder au point où il pourra un jour s’attaquer aux marchés de Toronto et Montréal.