Emploi: de meilleures stratégies sont nécessaires

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick doit mettre en place des mesures afin d’appuyer la création d’emplois et de stimuler l’activité économique dans les régions rurales de la province, selon l’économiste Pierre-Marcel Desjardins.

Le professeur d’économie de l’Université de Moncton en arrive à cette conclusion à la lumière des données de Statistique Canada qui font état de la diminution en janvier de 3000 emplois au Nouveau-Brunswick.

«C’est le reflet de l’absence d’une stratégie de développement rurale où à la fois le gouvernement provincial et fédéral serait à table pour aider les régions. Le Nouveau-Brunswick a un défi supplémentaire puisque c’est une province qui est plus rurale que les autres», estime Pierre-Marcel Desjardins.

Selon lui, l’activité et la croissance économique sont sur le déclin depuis plusieurs mois.

«Il faut cibler ça en tant que priorité. D’autre part, avant de paniquer avec les données du marché du travail, attendons de voir si cette tendance se confirme au cours des prochains mois», affirme l’économiste, tout en ajoutant que le Nouveau-Brunswick a perdu durant les dernières années plusieurs emplois bien rémunérés dans les secteurs des mines et des pâtes et papier.

«Notre économie est axée sur les services, c’est une tendance lourde qui date de plusieurs décennies et ça ne va pas changer», soutient M. Desjardins.

Pourtant ailleurs au pays, le marché du travail a continué de générer des emplois en janvier.

De fait, pas moins de 48 300 emplois ont été créés le mois dernier, essentiellement grâce aux gains dans l’emploi à temps partiel et dans le secteur privé, a précisé vendredi Statistique Canada.

Qui plus est, au cours des 12 derniers mois, le Canada a vu la création nette de 276 100 emplois, grâce à l’ajout de 86 200 postes à temps plein et 189 900 autres à temps partiel.

Ces augmentations ont permis au taux de chômage de passer de 6,9 pour cent en décembre à 6,8% en janvier.

Les économistes s’attendaient pourtant à ce que le nombre d’emplois reste inchangé le mois dernier, et à ce que le taux de chômage se maintienne à 6,9%, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters.

Conséquemment, certains d’entre eux ont décrit la croissance d’ensemble du marché qui a surpassé, une fois de plus, leurs attentes de «très impressionnante» et de «remarquablement solide».

L’économiste en chef du Conference Board du Canada, Craig Alexander, s’est dit encouragé de voir que la vague «étonnante» d’emplois créés au Canada dans la deuxième moitié de l’année dernière se poursuivait en 2017.

Certains analystes souligneront les points négatifs du rapport, comme la hausse des postes à temps partiel, a-t-il prévenu. Mais M. Alexander croit qu’il est important de se souvenir que la création de près de 16 000 emplois à temps plein du mois dernier était saine en elle-même, même si la plupart des nouveaux emplois étaient à temps partiel.

«Je crois que les critiques voient trop souvent le verre à moitié vide lorsqu’ils regardent ces données», a-t-il ajouté.

Au Nouveau-Brunswick, la confiance des chefs de PME a augmenté comme l’indique l’indice du Baromètre de janvier de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante qui s’établit à 63,5, un résultat appréciable pour la province.

«C’est un bon niveau d’optimisme de la part des entreprises qui regardent leurs activités des 12 prochains mois», souligne Louis-Philippe Gauthier, le directeur des affaires provinciales de l’organisme.

Par contre, les plans d’embauche à court terme s’affaiblissent, 23% des propriétaires d’entreprise prévoyant faire des mises à pied, alors qu’à peine 13% pensent à augmenter leurs effectifs.

Recul de l’emploi… et des salaires  

Alors que Statistique Canada vient de dresser un portrait de la situation de l’emploi au Nouveau-Brunswick et au pays, la firme Corporate Research Associates (CRA) s’est pour sa part intéressée au portefeuille des salariés vivant en Atlantique.

En regardant de près la rémunération versée aux travailleurs d’ici, l’agence de sondage et d’étude de marché en vient à la conclusion que la majorité des travailleurs du Canada atlantique n’ont pas reçu d’augmentation de salaire en 2016.

Qui plus est, les recherches menées par la firme CRA tendent à démontrer que cette absence d’augmentation de salaire chez les travailleurs se fait sentir pour une cinquième année consécutive.

S’exprimant dans les pages d’un quotidien terre-neuvien, Don Mills, le président et chef de la direction de CRA, a indiqué que le pourcentage de travailleurs recevant une augmentation de salaire tend à vouloir diminuer constamment depuis 2011.

«Au cours des deux dernières années, 6% ont déclaré que leur salaire avait diminué. Cela pourrait expliquer la faiblesse constante de l’indice de confiance des consommateurs bien en évidence au cours des dernières années dans la région de l’Atlantique et la faiblesse des ventes au détail», écrit Don Mills.

Les recherches de CRA mettent également en lumière le faible niveau des perspectives économiques pour l’année à venir (0,5% au Nouveau-Brunswick) et la faible croissance de l’emploi et des salaires.

«Cette conjoncture exerce de grandes pressions sur la capacité du gouvernement à fournir le niveau de services qui sont attendus par les citoyens puisque les recettes fiscales ne croissent pas assez rapidement pour suivre le rythme croissant des services publics. Avec une faible croissance des revenus, le secteur privé est limité dans sa capacité de créer de nouveaux emplois et d’augmenter les salaires», ajoute Don Mills.

Avec des extraits de la Presse canadienne