Les câblodistributeurs visent les bars et restaurants dans leur quête de profits

Les bars, les restaurants et les autres établissements qui détiennent un permis d’alcool et qui diffusent des évènements sportifs sur écrans géants verront leur facture de forfait de câble grimper en flèche à partir du 1er mai.

Les entreprises de télécommunications Rogers et Bell ont conjointement annoncé que les chaînes de télévision spécialisées RDS, TSN et Sportsnet ne seront plus incluses dans les forfaits télé des clients d’affaires qui détiennent un permis d’alcool.

Ces chaînes seront offertes séparément dans deux forfaits sport moyennant des frais supplémentaires qui seront déterminés par le nombre de sièges qu’il y a à l’intérieur des établissements.

«Les nouveaux tarifs visent à mieux refléter l’usage commercial des chaînes de sports et la valeur qu’elles représentent pour les établissements commerciaux. Nous croyons que la programmation sportive exerce un pouvoir d’attraction sur les clients des bars et des restaurants et que l’investissement à faire pour continuer de profiter de ces chaînes constitue une bonne décision d’affaires pour la plupart des établissements» explique Bell, afin de justifier sa décision.

«La diffusion d’évènements sportifs en direct, en particulier pour les établissements qui détiennent un permis d’alcool, aide à créer une atmosphère, à attirer la clientèle et à augmenter les revenus», ajoute l’entreprise.

La nouvelle a évidemment été très mal accueillie par les propriétaires d’établissements licenciés et les intervenants du domaine de la restauration.

«C’est une nouvelle terrible! On parle d’une augmentation annuelle moyenne de 3000$ à 5000$ par établissements», a tout d’abord indiqué Luc Erjavec, le vice-président en Atlantique de l’organisme Restaurants Canada.

Ce dernier dénonce la mesure des câblodistributeurs qui entrera en vigueur au moment où les restaurants et les bars pourront réaliser de bonnes affaires grâce à la présentation des séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey.

«Avec une marge de profit de seulement 4%, il ne faudrait pas se surprendre de voir les prix des repas et des consommations augmenter. Les propriétaires devront absorber cette hausse d’une façon ou d’une autre», prévient Luc Erjavec.

Selon lui, la mesure devrait toucher environ 500 établissements au Nouveau-Brunswick.

«Nos membres au Nouveau-Brunswick sont inquiets, ils sont nombreux à avoir communiqué avec nous pour nous faire part de leurs craintes», affirme Luc Erjavec, tout en ajoutant que la facture qui sera refilée aux bars et aux restaurants pourrait atteindre 100 millions de dollars à l’échelle du pays.

Stéphane Boudreau, le propriétaire du Resto pub Saint-Joseph à Caraquet, estime qu’il est encore trop tôt pour mesurer l’ampleur réelle de l’augmentation des tarifs.

Selon lui, les câblodistributeurs s’attaquent à la mauvaise cible pour aller chercher des nouveaux revenus pour compenser leurs diminutions au niveau des abonnements résidentiels.

«Nous espérons que les câblodistributeurs ne prendront pas notre industrie – et par le fait même nos clients – en otages et qu’ils reculeront. La période des séries éliminatoires de hockey est souvent une période où nous pouvons compenser les mois plus difficiles de l’hiver», affirme M. Boudreau.

Restaurants Canada, qui représente les acteurs du secteur canadien des services alimentaire, entend rencontrer prochainement la direction de Bell et de Rogers afin d’entamer des discussions et de faire part des doléances de ses membres.

Bell a indiqué que les entreprises qui ne commanderont pas un nouveau forfait sport d’ici le 21 avril verront les chaînes RDS, TSN et Sportsnet retirées de leur programmation télé actuelle.