De bons correctifs

Récemment, nous avons abordé deux sujets en éditorial qui ont évolué depuis: la suspension des budgets au ministère de l’Éducation et le faible contenu hors Québec au Téléjournal de Radio-Canada.

Commençons par le plus important, l’éducation.

Cette semaine, le ministre de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, Jody Carr, a annoncé que les deux réseaux de l’éducation de la province, anglophone et francophone, pourront compter sur le budget qui avait été arrêté pour l’année fiscale 2012-2013. Il ne fait aucun doute qu’une vague de soulagement a dû balayer le monde de l’éducation en apprenant la bonne nouvelle. En effet, comment le monde de l’éducation aurait-il pu fonctionner avec les trois quarts (pour le réseau francophone) ou les deux tiers (pour le réseau anglophone) de son budget? Comment, si des compressions de 10 ou 15 % avaient été appliquées, la qualité de l’enseignement dans nos écoles publiques aurait-elle pu ne pas être affectée?

Le ministre Carr a expliqué, en libérant le budget pour le reste de l’année, que la suspension de 25 % du budget du réseau francophone et de 30 % du réseau anglophone avait été imposée le temps d’effectuer un exercice de révision budgétaire. L’exercice de révision étant maintenant accompli, il a libéré le budget. Admettons, que ce soit le cas, il nous semble que la suspension du budget durant cet exercice n’était pas incontournable. Le ministre aurait très bien pu procéder à cette révision avec son équipe sans pour autant suspendre le budget. Il aurait ainsi évité toute la commotion engendrée par la suspension du budget. Maintenant que la situation a été corrigée, que le mal n’a été qu’appréhendé plutôt qu’infligé, le monde de l’éducation peut respirer plus à l’aise et poursuivre sa mission avec plus de sérénité. Cependant, le message de la suspension temporaire du budget envoie un signal que les compressions budgétaires planent sur l’éducation. La libération du budget n’est-elle qu’une pause d’ici l’an prochain? Étant donné l’engagement du parti au pouvoir de viser haut en ce qui concerne la qualité de l’éducation au Nouveau-Brunswick, on serait enclin à penser qu’il n’inquiètera plus le monde de l’éducation.

De son côté, le directeur général des services d’information du réseau français de Radio-Canada, Michel Cormier, et la directrice des services régionaux de Radio-Canada, Patricia Pleszczynska, ont annoncé la création de deux postes de reporters nationaux, l’un à Edmonton et l’autre à Moncton. À cet effet, voici ce que déclarait Michel Cormier: «La récente couverture de la campagne électorale américaine montre bien comment l’expertise de nos journalistes en région peut s’intégrer harmonieusement dans la couverture d’un enjeu international de premier plan. Alors que l’Alberta joue un rôle prépondérant dans l’économie et la vie politique du Canada et que des dossiers énergétiques comme les gaz de schiste, le nucléaire et l’exploitation pétrolière du golfe Saint-Laurent interpellent l’Atlantique comme le Québec, l’addition de ces reporters contribuera à enrichir les deux éditions de notre Téléjournal national.»

Il aurait été fort étonnant que Michel Cormier ne pose pas de geste concret susceptible d’améliorer la présence de l’actualité régionale hors Québec au Téléjournal de 23 heures à l’antenne de Radio-Canada. D’une part, il arrivait de Moncton, et d’autre part il devait bien observer et prendre des notes sur le contenu du Téléjournal depuis son arrivée à la direction des services de l’information. Et puis, l’étude de Marie-Linda Lord pour le compte de la SNA sur le contenu du Téléjournal avait établi assez clairement le profil des nouvelles qu’on y retrouvait. L’étude plus récente commandée par le sénateur Pierre DeBané confirmait essentiellement ce que l’étude de la SNA démontrait: une faible visibilité de la communauté francophone hors Québec au Téléjournal à l’heure de grande écoute.

Dans le climat morose de novembre, où les mauvaises nouvelles semblaient se succéder tant sur le plan économique que social, les annonces du ministre de l’Éducation et du directeur général des services de l’information de Radio-Canada sont venues ensoleiller ces sombres journées.