Logan: la violente rédemption de Wolverine

Patrice Côté Cinéma & Showbizz

Au cinéma, tout est parfois une question d’espoir. Et je l’avoue bien humblement, Logan, le très attendu 10e film de la franchise X-Men, m’a laissé sur ma faim.

Entendons nous bien: Logan est un long métrage très solide qui mérite assurément de figurer dans le premier quart au classement des meilleurs films de superhéros de l’histoire.

Mais je m’attendais à plus. Mes attentes étaient donc trop élevées.

Probablement parce que la première bande-annonce du film, sur l’air de When the Man Comes Around, de Johnny Cash, m’avait séduit. Peut-être aussi parce que les bandes dessinées desquelles le film est inspiré (particulièrement Old Man Logan) figurent parmi mes favorites.

Et enfin, parce que les premières critiques étaient unanimement positives, certaines avançant même le mot Oscar…

C’est donc excité comme un jeune carcajou que je me suis rendu au cinéma, fiévreux à l’idée de voir un classique instantané.

À ma grande déception, j’ai cons­ta­­té qu’une bonne partie du potentiel provenant du matériel de source avait été laissé de côté.

Logan, ce vieil homme

En 2029, aucun mutant n’a vu le jour depuis 25 ans et l’espèce est sérieusement menacée de disparition. Vivant au Texas, Wolverine, alias Logan (Hugh Jackman, dans une performance digne de Clint Eastwood!), et le professeur Charles Xavier (Patrick Stewart) sont deux des survivants, mais leur santé est chancelante.

Le premier a perdu de sa superbe, lentement empoisonné par tout le métal qui remplace ses os. Le second, autrefois un puissant télépathe, souffre d’une maladie neurodégénérative.

Leur quotidien est bouleversé quand Laura (impressionnante Dafne Keen), une enfant appartenant à première vue à la communauté mutante, débarque dans leur vie.

Logan et Charles réalisent rapidement que Laura a en fait été créée en laboratoire (à partir de l’ADN de Wolverine) et qu’elle est pourchassée par ses dangereux concepteurs.

Affaiblis, les anciens X-Men se donnent comme mission de transporter Laura jusqu’au Dakota du Nord, d’où elle pourra obtenir l’asile en traversant la frontière canadienne.

En plus de fuir un adversaire aussi déterminé que dangereux, Logan et Charles tenteront du même coup de s’affranchir de leur passé. Deux missions dont les chances de succès frôlent l’impossible.

Très violent

Dès la première scène du film, le réalisateur James Mangold (Le Wolverine, Jeune fille interrompue) met cartes sur table: son oeuvre est la plus violente de l’histoire du genre.

Les attaques de Logan n’ont rien à voir avec celles, stylisées et tournée de façon à en montrer le moins possible, des incarnations cinématographiques précédentes du personnage.

Dans Logan, Mangold filme les choses telles qu’elles sont. Les griffes du mutant canadien déchirent et transpercent. Tout ça dans un geyser de sang et de membres amputés.

Même si ses cascades sont spectaculaires et assez inventives, il est aussi un brin dérangeant de voir une enfant (Laura) attaquer ses adversaires avec l’agressivité d’une bête sauvage.

Coeurs sensibles s’abstenir.

Je lève mon chapeau à Mangold d’avoir tenté de faire un film de superhéros différent. Logan tient davantage de Mad Max et de certains westerns classiques comme Unforgiven que des familiaux Spiderman et Iron Man.

L’ambiance est lourde, les sujets abordés adultes – malgré de bonnes blagues – et on a droit à quelques longueurs plutôt atypiques du genre.

Ocassions ratées

Ce qui m’a déçu avec Logan, c’est que compte tenu de sa longueur et des chefs d’oeuvre dont il s’inspire, il aurait pu approfondir certains thèmes, dont la rédemption de Charles et de Wolverine.

J’aurais aussi aimé que la frontière entre le bien et le mal soit beaucoup moins étanche. Par exemple, les méchants sont convaincus d’oeuvrer pour le bien de l’humanité, mais leurs motivations sont résumées en dix secondes…

Cet aspect aurait pu être travaillé davantage, le matériel d’origine le permettant.

Quelques retour en arrière sur la façon dont des mutants célèbres se sont éteints (un caméo de Magneto?) et un lien beaucoup mieux défini entre les expériences qui ont été menées sur Logan et Laura (et l’impact que cela a eu sur leur personnalité) auraient permis, selon moi, de faire un film avec beaucoup plus de profondeur.

Plus grave encore, contrairement à d’autres films de la série, l’oeuvre de Mangold n’a absolument rien d’une critique sociale déguisée.

Je le répète: Logan n’est pas un mauvais film. Bien au contraire. Je crois simplement que, compte tenu du fertile univers dans lequel il se situe, il aurait pu être beaucoup plus qu’un (trop) long et violent road movie.

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