Kong: Skull Island: un fascinant plaisir coupable

Patrice Côté Cinéma & Showbizz

Le gorille géant de Kong: Skull Island, c’est celui que j’attendais, il y a douze ans, quand, avec King Kong, le réalisateur Peter Jackson nous a offert un prétentieux exercice de style dépourvu de toute saveur.

À 32 ans, le cinéaste américain Jordan Vogt-Roberts signe ici un premier long métrage commercial. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeune homme de Detroit ne rate pas sa rentrée!

Son film est loin d’être parfait (très loin en fait), mais Vogt-Roberts a au moins le mérite de magnifiquement jongler entre humour et suspense, en plus de nous offrir l’aventure de Kong qui se distancie le plus de l’oeuvre originale de 1933.

Si, en 1976, John Guillermin nous avait présenté une version sur le thème de la belle et la bête et que Peter Jackson avait, 29 ans plus tard, mis en scène un grand spectacle classique, Vogt-Roberts, lui, refuse de se prendre au sérieux et nous offre un plaisir coupable qui dégage un fort arôme de maïs soufflé.

Alternant de film de guerre à film de survie à film de monstres, Kong: Skull Island s’inspire de classiques tels que Apocalypse Now, Black Hawk Down, Alien et Jurassic Park.

Le résultat est une oeuvre visuellement impressionnante, qui, malgré sa folie des grandeurs, apporte une attention digne de mention aux détails.

Une île mystérieuse

Nous sommes en 1973 et le gouvernement américain vient tout juste d’annoncer le retrait de ses troupes au Vietnam.

Le singulier Bill Randa (John Goodman) souhaite profiter de l’occasion pour financer un autre de ses projets farfelus: celui de se rendre sur une île du Pacifique découverte pour la première fois par des satellites.

Randa s’entoure donc du pisteur James Conrad (décevant Tom Hiddleston), de la photographe Mason Weaver (Brie Larson), du lieutenant-colonel Preston Packard (très intense Samuel L. Jackson) et d’une petite armée de soldats et de scientifiques afin de cartographier l’île.

Leur mission prendra toutefois une tout autre tournure quand ils tomberont sur un gigantesque gorille qui mettra en pièces leurs moyens de transport.

Blessés et dispersés sur un territoire dont ils ignorent tout de la faune, les membres de la mission disposent de trois jours pour gagner la pointe nord de l’île, lieu où un convoi doit venir les récupérer.

S’amorce alors une une haletante course contre la montre, empreinte de surprises, d’humanité et de vengeance.

Des défauts

Même s’il est un solide divertissement, Kong: Skull Island n’est pas dépourvu de défauts. Le principal d’entre tous est probablement le fait que ses personnages sont d’une honteuse minceur. Packard est un guerrier déterminé, Weaver une photographe humaniste et Conrad un mercenaire qui cherche un sens à sa vie. C’est ce qu’ils sont au début du film et c’est ce qu’ils sont à la fin du film.

Au sens propre comme au sens figuré, ils évoluent dans l’ombre du gigantesque roi Kong. Les personnages sont en quelque sorte des proies interchangeables dont on se soucie très peu du sort.

La conclusion est également décevante. Sans vouloir vendre la mèche, disons simplement qu’elle est pratiquement la copie de la fin d’un autre blockbuster du genre lancé il y a quelques années. Une conclusion à l’image du reste d’un film qui manque un brin d’originalité.

J’avoue enfin m’être demandé à quelques reprises comment le personnage interprété par Brie Larson pouvait demeurer aussi bien coiffé compte tenu de toutes les péripéties qu’elle a vécues… Mystère!

Des qualités

La plus grande qualité de Kong, c’est de divertir. Les 120 minutes du film passent à la vitesse de l’éclair; les événements s’enchaînent et le spectateur n’a pas une seule seconde de répit.

C’est aussi un grand spectacle. Les scènes où l’on voit les hélicoptères transporter l’équipe vers l’île sont absolument magnifiques. Tout est chorégraphié à la perfection. Il est facile de deviner qu’une grande partie du budget de 185 millions $ y a été consacré.

Kong en lui-même est aussi extraordinaire. Il y a longtemps que les merveilles des images créées par ordinateur ne m’émeuvent plus, mais dans le cas du primate géant, j’avoue avoir écarquillé les yeux à plusieurs reprises.

La trame sonore est aussi une partie importante du succès du film. Entre les morceaux inspirés de la musique des films de monstres d’antan, on a droit à quelques chansons marquantes des années 1970 signées Black Sabbath, CCR et David Bowie. Nous sommes loin des notes classiques d’un John Williams, ce qui cadre parfaitement avec le ton plutôt irrévérencieux du film.

Bref, ne cherchez pas le deuxième degré dans Kong: Skull Island. Il faut prendre ce film pour ce qu’il est: un ravissant divertissement. Et en soi, c’est déjà un bel accomplissement.

Commentaire

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