Au grand air – L’écureuil fait le printemps!

Cécil Breau Dans votre nature

De tous les mythes, croyances ou légendes entourant le monde animal, l’écureuil est sans doute celui le moins pointé du doigt en guise d’explication ou de prévisions météorologiques.

La marmotte se mêle de prédire un printemps hâtif, les nids d’abeilles haut perchés sont signes d’un hiver rigoureux, un coq qui chante durant la pluie laisse présager la sortie du soleil, un chat nerveux est signe de vent, les cochons se grattent et la pluie ne tardera pas, etc.

Intéressantes observations au cours des âges. Toutefois, certaines de ces anciennes croyances tiennent la route: par exemple; on s’attendait à une température peu clémente si l’on observait que les oiseaux volaient bas. Ce phénomène s’explique par une baisse de la pression atmosphérique qui exerce une force sur les ailes de l’oiseau, l’obligeant à une économie d’effort en maintenant un vol bas, ponctué de courtes escales.

Revenons à notre écureuil! Ce dernier se gratte – pas très compliqué – il a des puces! Voilà les conclusions d’un ami autochtone. Par contre, à ses dires; l’écureuil déteste l’eau. Toujours selon ce vénérable sire, semblerait que l’écureuil traverse une rivière dans une écorce de bouleau, la queue levée au vent en guise de gouvernail. Ouain, inutile de vous dire qu’il a dû faire marche arrière avec c’tal là!

L’animal limite ses sorties hivernales parce que les cônes de pins, noisettes et glands qui constituent une importante source de son alimentation demeurent ensevelis sous la neige. En hiver, il se déplace peu, se contentant de courtes sorties d’arbre en arbre pour retourner à sa cachette. Ce n’est que lorsque le sol sera complètement dégagé qu’il y passera la majeure partie de son temps à découvrir et cacher sa nourriture.

Exception faite de l’Australie, plus de 200 espèces d’écureuils peuplent nos continents. L’Amérique du Nord compte plusieurs espèces dont le plus populaire est sans doute l’écureuil roux. On le retrouve partout au pays. Son poids est de l’ordre d’environ 350 grammes. Quoi que surnommé écureuil roux, ce dernier se présente sous différentes couleurs.

Son cousin qui habite la région de la Capitale nationale est un peu plus dodu et sa couleur est grise ou noire. Dans la région de Washington, aux États-Unis, de même qu’à Exeter en Ontario, les écureuils sont blancs, sans pour autant être albinos.

L’écureuil fauve, également surnommé écureuil-renard affiche un gabarit très différent. Son aire de répartition comprend la partie est au complet des États-Unis, de même que la partie extrême sud du Manitoba et de l’Alberta. De taille plus imposante que son congénère, l’écureuil roux, il affiche un poids pouvant dépasser deux livres tout en mesurant plus de 18 à 30 pouces de la tête au bout de la queue. Sa couleur varie de teinte brunâtre à gris bleuté. Les Américains raffolent de sa chair qui évoque la saveur de noisettes. Sans être parmi les espèces en danger d’extinction, sa population a considérablement diminué compte tenu d’une pression de chasse, de la présence de mites et d’hivers rigoureux.

La vaste majorité des écureuils sont diurnes, exception faite du polatouche, communément appelé écureuil volant. Ce dernier demeure caché durant le jour pour sortir à la tombée de la nuit. Ses activités nocturnes expliquent la raison pour laquelle il est rarement observé. Sa répartition géographique est similaire à celui de l’écureuil roux.

Le polatouche ne vole pour ainsi dire pas. De souples membranes extensibles rejoignant la partie articulée de ses pattes avant à ses pattes arrière font office de dispositif lui permettant de planer facilement sur des distances de 50 mètres. Cet animal nocturne a une diète plus variée que ses cousins. Il n’hésite pas à se gaver de restant de table, de fruits et d’insectes. Ses sorties sous le couvert de la nuit le mettent à l’abri de plusieurs prédateurs. Ce discret rongeur, quoique rarement aperçu, affiche une population aussi stable que celle de l’écureuil roux.

Il m’est arrivé d’en apercevoir à deux reprises. Tout récemment, lors d’une expédition de chasse nous avions déposé à l’extérieur, des croutes de pain destinées aux oiseaux. Un polatouche y vit une opportunité de festin. Spectacle inusité que de le voir prendre la fuite en empruntant la voie des airs. Les membranes déployées et les mouvements horizontaux de sa queue faisant office de gouvernail le propulsaient hors de notre vue.

Tout comme l’écureuil roux, son mode de reproduction peut varier d’une à trois gestations annuellement. Les petits, au nombre de trois à cinq, sont nés aveugles et dépourvus de poils. Ce n’est que vers le trentième jour qu’ils seront copies conformes de leurs parents. Ce mode de reproduction pour ainsi dire effréné est tenu en échec par une multitude de prédateurs.

Le gloussement aigu de l’écureuil roux et de ses cousins est aussi précurseur de l’arrivée du printemps que le chant des oiseaux et le coassement des grenouilles.

Commentaire

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