Personnalité de la semaine: Robert Thibault

Jean-Marc Doiron Gens d'ici

Des dizaines d’équipes et des centaines de participants ont pris part au Trivthon de la Maison Nazareth de Moncton, samedi soir. Derrière le vaste éventail de questions se retrouve Robert Thibault, président du comité des questions du trivthon.

M. Thibault a agi en tant que coordinateur pour plusieurs causes du Grand-Moncton au cours des dernières décennies. En plus d’avoir occupé le poste de président du conseil d’administration de la Maison Nazareth pendant 15 ans, il est un membre fondateur du Centre d’accueil et d’accompagnement francophone des immigrants du Sud-Est, où il représente le conseil de section Émilie-Leblanc de la SANB. Il a également occupé la présidence de l’organisme Grand frère grande soeur de Moncton, en plus d’avoir fait du bénévolat pour Lire et faire lire Acadie et la Villa du repos. Ses contributions lui ont mérité plusieurs prix et reconnaissances, dont le Prix du Gouverneur général pour l’entraide, en 2014, et la Médaille de la Paix du YMCA de Moncton, en 2010.

Fils d’un journalier, M. Thibault a grandi à Kedgwick avec ses trois frères et ses trois soeurs. Après avoir travaillé pendant quatre ans dans la région de Montréal, il a obtenu son baccalauréat en éducation à l’Université de Moncton à la fin des années 1960. Il est ensuite retourné aux études, des années plus tard, afin d’obtenir sa maîtrise en administration des affaires.

Il est la personnalité de la semaine Radio-Canada / Acadie Nouvelle pour la semaine du 10 avril 2017.

Pourquoi faites-vous du bénévolat?

«Tout le bénévolat que j’ai fait durant ma vie, c’est que je me suis senti interpellé à poser certains gestes. Ces gestes-là sont toujours dans le but d’aider quelqu’un. Que ce soit les personnes défavorisées, les immigrants ou les personnes âgées, quand je vois un besoin, je me sens interpellé.»

Vous avez été président de nombreux organismes. Pourquoi vous êtes-vous retrouvé aussi souvent dans ces rôles?

«Lorsque je suis allé à l’université, j’ai suivi des cours facultatifs sur les procédés délibérants. J’ai développé une certaine habileté pour présider des assemblés. Cela dit, j’ai toujours été chanceux d’avoir eu des conseils d’administration avec des gens très compétents. C’est à eux que revient le crédit. Bien souvent, les gens compétents ont tendance à prendre les choses en main et à faire de belles choses. Mon rôle était surtout de canaliser ces différentes énergies vers différents projets afin de les réaliser.»

«Les gens sont interpellés par les capacités ou les talents qu’ils peuvent avoir. Si j’avais eu un talent d’athlète, je serais peut-être devenu un coureur. Il y en a certains qui aiment jouer au golf, donc ils jouent au golf. Chacun trouve sa niche. Moi, c’est là où j’ai trouvé la mienne.»

Quels sont vos talents qui vous ont permis d’exceller dans vos contributions à la communauté?

«C’est difficile de dire soi-même qu’on a des talents. Mais je peux vous répéter des choses que j’ai entendues à mon sujet. Je suis réputé comme une personne assez calme qui peut faire la part des choses. Parfois, il y a des gens qui disent que je suis très sage. Une personne m’a présenté à quelqu’un d’autre, une fois, comme le “Sage de l’Acadie”. L’opinion que les gens peuvent avoir de nous, on n’a pas de contrôle dessus. S’il y a quelques personnes qui me voient comme ça, je me dis qu’au moins, c’est positif.»

Que signifie pour vous une reconnaissance comme personnalité de la semaine?

«En acceptant d’être personnalité de la semaine, je reconnais que ça doit être à cause du bénévolat que j’ai fait. Je l’accepte au nom de tous les gens qui font du bénévolat. Il y a des bénévoles qui ne sont jamais reconnus par qui que ce soit. Ça passe sous le silence. Je fais du bénévolat avec des gens qui en font tout autant que moi, qui en ont fait plus longtemps que moi, mais qui ne sont pas reconnus.»

Y a-t-il une ou des personnes qui vous ont particulièrement influencé dans votre parcours?

«Ça va peut-être le surprendre quand il va lire ça, mais mon influence, ç’a été Fernand Arsenault. Fernand m’a toujours encouragé dans ce que j’ai fait. Je me souviens, quand j’étais étudiant au collège de Memramcook, il m’avait dit “Robert, quand tu seras quelque part, ça va sauter”. Dans le temps, j’étais plus intempestif, et maintenant je me suis calmé. Maintenant, ça se produit plus au niveau de la plume: quand j’écris des lettres d’opinion du lecteur, je pense que, si je ne suis pas d’accord avec quelqu’un, on va le savoir.»