Aéroport de Saint-Léonard: esprit de clocher

Jacques P. Martin
Maire d’Edmundston

Nous avons pris connaissance d’un article paru dans votre édition du 20 janvier dans lequel nous apprenons que la Ville de Grand-Sault propose de faire l’acquisition de l’aéroport de Saint-Léonard. Le maire, M. Marcel Deschênes est cité en disant: «…on va l’acheter et on va arrêter de tanner le monde avec ça.» J’avoue que les propos de mon collègue le maire Deschênes m’ont extrêmement surpris.

Je trouve regrettable que M. Deschênes considère comme étant «tannant» le fait que la Ville d’Edmundston tente par tous les moyens possibles de sauvegarder cette importante infrastructure aéroportuaire dans notre région. Cette infrastructure qui, doit-on le rappeler, est importante pour nos grandes compagnies, mais qui doit, surtout, être maintenue pour assurer la continuité du service d’ambulance aérien et de la livraison de la poste pour TOUT le nord-ouest du Nouveau-Brunswick

On n’a qu’à demander à une mère dont l’enfant doit être envoyé d’urgence dans un grand hôpital pour comprendre à quel point ce service est important… et pas seulement pour Edmundston…

Notre intention n’était certainement pas de «tanner» M. Deschênes avec notre demande de collaboration régionale, qui serait la clé du succès. Nous croyons tout simplement qu’il n’en revient pas uniquement aux contribuables d’Edmundston de payer pour un service qui bénéficie à toute une région. Malheureusement, M. Deschênes ne voit pas le concept de collaboration régionale de la même façon que nous, semble-t-il.

Nous n’avions pas réalisé à quel point nous «tannions» M. Deschênes, en assurant l’administration de l’aéroport régional depuis plus de cinq ans, au coût de 100 000 $ par année. Permettez-moi de douter de la capacité financière de la Ville de Grand-Sault pour supporter une telle administration, même avec un partenariat avec le secteur privé…

Enfin, je tiens à dire à quel point je trouve désolant une attitude comme celle-ci, alors que tout ce que nous souhaitons, c’est d’encourager la collaboration régionale, ce qui, en fin de compte, ne peut qu’être bénéfique pour toute la région.

Évidemment, le maire Deschênes n’y souscrit pas, préférant plutôt mousser un esprit de clocher qui, en 2012, ne devrait plus exister. Il serait peut-être temps pour le maire Deschênes de réaliser que le meilleur partenaire pour la gestion et la survie de l’Aéroport régional, c’est la Ville d’Edmundston.