Pauvres pétrolières!

Gaston Doiron
Rivière-du-Portage

Jeudi matin, j’arrive à la pompe à essence, 1,32 $ du litre. Un instant, assez c’est assez… mais que puis-je faire, je dois prendre de l’essence. Je remplis ma voiture 56,4 litres, soit 77 $. La semaine dernière, 56,4 litres me coûtaient 1,24 $ du litre pour 75 $. On entend les analystes dire, le prix de l’essence devrait se vendre 0,99 $ du litre, donc si je payais mon essence, avec mes 56,4 litres à ce prix-là, j’aurais payé 56,50 $. J’aurais 20,50 $ dans mes poches, pour aller faire l’épicerie, aller au restaurant ou me vêtir. Non, je dois aller voir cette machine à avaler l’argent. Pas vraiment de différence avec une machine à poker, avec la seule différence que la machine à poker, j’ai le choix, pas pour l’essence. Est-ce qu’il y a quelqu’un qui va se lever debout un moment donné et faire comprendre à ces pétrolières qu’il y a un «boutte» à tout, et qu’on est au «boutte». Plus le prix de l’essence augmente, plus le panier d’épicerie coûte cher: poulet 11 $; paquet de hamburgers 8 $; un «baloné» 20 $ – avant on aurait pu dire, au moins, on va manger du «baloné», mais là, on ne peut même pas! – . Il faut que ces grosses pétrolières réalisent que plus ça monte à la pompe, plus ça monte le produit, et il y a une limite pour les consommateurs à payer. Dans quelques mois, les pétrolières vont dévoiler leurs résultats financiers pour le premier trimestre, profits records… oui, profits records, population appauvrie. Tout ce qui compte, ce sont les profits, plus de profits, plus de bonis, pour les grands manitous; il y faut que ça arrête et que les choses deviennent raisonnables. Ne blâmons pas les détaillants, avec leur petit profit de deux à trois cents du litre, eux aussi sont à la merci des gros. Parlez-vous, abaissez vos prix, faites un profit raisonnable et tout le monde sera heureux, sinon… il va arriver quelque chose de pas bon!