L’utopie du chiac comme langue officielle

Par Patrice Didier
Dieppe

M. Bernard Cormier prône le chiac comme langue officielle dans l’édition du 23 février. Quelle utopie! Sachez monsieur qu’il est primordial de maîtriser sa langue maternelle, peu importe que ce soit le français, l’anglais ou autre. Si vous fréquentez des gens qui ont immigré au Nouveau-Brunswick, remarquez à quel point ils s’expriment convenablement dans plusieurs langues. Je connais personnellement un homme qui en parle quatre de manière impeccable. Alors, comment justifier que nous ne pourrions pas nous efforcer de communiquer adéquatement dans les deux langues officielles?
Contrairement à ce que vous prétendez, le bilinguisme est une richesse. En fait, le problème ne réside pas dans la langue utilisée, mais plutôt dans notre ouverture aux autres. Lorsqu’on met notre ego, nos préjugés ainsi que nos rivalités de côté, nous pouvons nous côtoyer efficacement.
D’autre part, les Québécois se heurtent aux barrières linguistiques lorsqu’ils voyagent hors province. Dans le cas du chiac, il ne faut pas aller bien loin pour s’y frotter le nez… Il est déjà difficile de percevoir toutes les subtilités d’une langue. Alors, qu’en est-il lorsque nous mélangeons deux langues dans un pot-pourri?
Finalement, je vous demanderai de réfléchir à cette dernière question: si on en vient à enseigner le chiac dans les écoles du Nouveau-Brunswick, à quel genre de difficultés se frotteront les gens lorsqu’ils voudront accéder à des études supérieures et à quel point serons-nous ouverts sur le monde?