Réveiller les jeunes pour éviter une tragédie

 Anne-Renée Landry

Bouctouche

 

C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai lu les articles «Conduite dangereuse ayant causé la mort…» ainsi que «Nous avons perdu notre enfant», dans l’Acadie Nouvelle du samedi 10 mars. Je tiens à préciser que je ne veux faire de peine à personne avec cette opinion; au contraire, j’aimerais plutôt faire du bien.  

Je ne connais ni les personnes qui étaient dans les deux autos, ni Martin Doucet, ni Jérémie Grant. Mais en tant que maman, je peux sincèrement dire que j’ai du chagrin pour les familles de ces derniers. C’est sûr que si c’était mon enfant qui était mort, je serais fâchée, finie, vidée, et je voudrais probablement voir le ou les coupables…

Mais si c’était mon enfant qui avait participé à causer la mort d’un autre enfant, j’en serais brisée à jamais également. Martin Doucet ne devait pas s’être dit «ce soir, je vais tuer quelqu’un par négligence». Et maintenant, même s’il n’avait pas prémédité de «jouer à un jeu dangereux», il va vivre avec des séquelles pour le restant de ses jours.   

Personnellement, je crois que c’est la société qui est la coupable. C’est rendu tellement facile de consommer de la boisson et des drogues. Et ça ne se passe pas juste à Bathurst… c’est partout pareil!

J’ai eu la chance de voir un film de MADD à l’école. Ce film reflétait une histoire semblable à celle de Jérémie et de Martin. Dans ce film, c’est la sœur du conducteur qui est décédée. C’était très pénible à regarder, puisque cela reflétait trop bien la réalité.  

Un des éléments du film qui m’a marquée, c’est que l’amie de cœur de l’un des jeunes a refusé de monter, puisqu’elle réalisait que le conducteur avait les facultés affaiblies. C’est ce choix qui lui a sauvé la vie. Donc, se sauver la vie peut parfois simplement vouloir dire ne pas accepter de prendre place dans une voiture. Est-ce qu’on accepterait d’entrer dans une maison en feu?  

À la suite du visionnement de ce film, j’ai également eu la chance de jaser un peu avec mon garçon et son groupe d’amis. Ç’a été très révélateur et positif d’avoir cet outil comme base pour apporter l’aide que nos enfants ont besoin pour faire des choix plus éclairés. 

Également, nous sommes un comité de parents à l’école qui invite des membres de la GRC de la région à venir offrir des ateliers du soir aux parents afin de les informer sur tout ce qui est disponible en matière de drogues ainsi que les répercussions qu’elles peuvent avoir.  

Ce n’est pas nous qui ferons ou font les choix à la place de nos enfants, mais nous pouvons essayer de les appuyer, de les éduquer et de nous éduquer nous-mêmes en tant que communauté. Je crois fortement que ça prend une communauté pour élever un enfant.  

Finalement, imaginons l’impact que ça aurait sur les jeunes si quelqu’un comme Martin Doucet pouvait un jour offrir des témoignages dans les écoles. Imaginez… ça en donne les frissons tellement ce serait fort… ça ouvrirait les yeux à tellement de jeunes. Comme M. Grant le mentionne: «Ça détruit une communauté, et j’espère que les jeunes vont prendre cela très au sérieux et que ça va les réveiller.» Si on pouvait réveiller les jeunes de toute une communauté, toute une province, et j’en passe. Si on pouvait prendre cette tragédie et en éviter d’autres. Est-ce que ce ne serait pas une belle marque d’amour pour Jérémie Grant?