L’assimilation des Acadiens officialisée (suite et fin)

Jean-Pierre Joncas
Beresford

Tiré du site web de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB): 13 décembre 2011 – Le projet de modification de la Loi sur les langues officielles «… l’affichage public et la publicité commerciale de tout organisme du secteur privé… … dont la population de langue officielle minoritaire atteint au moins 20 % de la population totale, doivent se faire à la fois en français et en anglais…»

Curieusement, la SANB prône le même pourcentage pour l’affichage public et la publicité commerciale que la Loi sur les langues officielles concernant les arrêtés municipaux. Pourquoi ne pas suggérer un plus haut pourcentage? Sommes-nous nés pour un petit pain, ou des petits pas?

Est-ce que, en proposant ce pourcentage si peu élevé, la SANB n’hypothèque pas le futur de la culture acadienne et francophone qui est déjà malmenée? Pourquoi négocier à la baisse? Il me semble bien plus pressant de protéger nos acquis en étant un tant soit peu plus exigeants dans nos revendications.

Samedi passé, l’Acadie Nouvelle signait des articles à propos de la culture acadienne qui disparaît inexorablement. L’essentiel jetait le blâme sur «Les jeunes Acadiens qui tournent le dos aux luttes traditionnelles». Il est plutôt difficile pour nos jeunes de s’identifier à des élus totalement absents de la lutte acadienne et à des chefs de file qui ne font que réagir lorsque le train passe. Où sont leurs héros? Quels sont leurs projets de société?

La SANB se présentera aux audiences de révision de la Loi sur les langues officielles avec un jeu déjà ouvert, déjà compromise. Elle devra posséder les quatre as, sinon la journée risque d’être longue!

Tout en étant pour la vertu, il nous faut trouver un juste milieu sans sacrifier notre culture pour l’égalité.