Une inondation prévisible

Jacques Michaud
Grand-Sault

Comme vous avez pu le voir et l’entendre dernièrement dans les médias, concernant les inondations dévastatrices dans le village de Perth-Andover, ne vous surprenez pas. Ça me fait bien rire d’entendre le ministre de la Sécurité publique dire qu’ils étudieront la situation en profondeur et trouveront une solution à ce problème. Eh bien, M. le ministre, laissez-moi vous dire que ç’a été étudié à mort.

La rivière Saint-Jean et ses tributaires en amont de Grand-Sault ont approximativement 200 milles de long. Le territoire de drainage en amont de Grand-Sault et la rivière Tobique est près de 10 000 milles carrés. Dans les années 1970, à la crue des eaux, il se produisait normalement deux montées d’eau, qu’on appelait le local. Toutes les terres défrichées le long de ces rivières en amont de Grand-Sault et Tobique, puis, deux ou trois semaines plus tard, la crue se faisait dans les bois du Maine, du Québec et du Nouveau-Brunswick. Avez-vous visité nos forêts du Nouveau-Brunswick dernièrement? De la Tobique, à l’Allagagh, à la Rivière-Verte, ce ne sont plus des forêts, mais des champs, coupés à blanc pour satisfaire des actionnaires et soutenir l’économie de notre province. Il ne reste rien comme tampons pour freiner ces crues d’eau. Non, ce n’est pas seulement les conditions climatiques qui sont à blâmer pour ces inondations monstres à Perth-Andover et ailleurs. Si vous voulez savoir la raison majeure du problème, ne vous fiez pas aux bandes de bois le long de nos routes qui nous indiquent que nos forêts sont en santé.