Les conséquences des initiatives bénévoles

Claude Snow
Caraquet
David Johnston, gouverneur général du Canada, j’ai pris connaissance de l’article de Heather Scoffield dans la Presse canadienne du 17 septembre 2011 au sujet de votre position concernant l’appui du gouvernement aux organismes bénévoles. Je serais enclin à penser comme vous si ce n’était que je me rends compte chaque jour des conséquences négatives qu’entraînent les initiatives bénévoles sur notre système de sécurité sociale et sur la justice sociale en général.

Vous serez sans doute de mon avis que le meilleur système que l’on puisse concevoir en soit un qui comprenne des garanties juridiques et financières, des normes et des mécanismes d’appel. Or, il n’y a rien de tout cela quand le gouvernement confie au secteur privé ou communautaire la tâche de livrer des services sociaux aux personnes dans le besoin.
Il faut se rendre à l’évidence que certaines régions sont plus fortunées que d’autres. Quand le niveau de service dépend de la charité, la qualité est alors inégale. Les valeurs de partage, de générosité et d’entraide sont intrinsèquement bonnes, mais elles ne remplaceront jamais le partage obligatoire qui lui assure la justice sociale.
Quand les secours sont livrés par des organismes, ils sont souvent fondés sur le mérite et les privilèges, ce qui ouvre toute grande la porte aux jugements de valeur et aux préjugés.
Pour ces diverses raisons, je m’objecte fortement au principe de dévolution des pouvoirs du gouvernement au secteur tertiaire et je vois mal comment les fondations communautaires et Habitat pour l’humanité peuvent offrir des services dénués d’impartialité et fondés sur les besoins et les moyens mieux que les fonctionnaires peuvent le faire, surtout qu’il n’y a pas la transparence, l’imputabilité, le respect des langues officielles, et les mécanismes d’appel et de contrôle que l’on est en droit de s’attendre de l’appareil public.
Cela dit, le bénévolat a tout de même une place quand il s’agit de certains secteurs d’activité non liés aux besoins fondamentaux, mais avant d’en faire l’éloge, il faudrait s’assurer que les services essentiels s’appuient sur un financement public et qu’ils sont livrés par les pouvoirs publics qui eux ont comme première mission la protection des citoyens.