Un terme trompeur

Bruno Marquis
Gatineau (QC)

Les médias utilisent souvent le terme «communauté internationale» lorsque vient le temps d’exprimer une prise de position ou un jugement sur une organisation, un pays ou un groupe de pays. Le terme s’est, par exemple, retrouvé à quatre reprises dans les pages de l’Acadie Nouvelle entre le 1er janvier et le 31 mars.

Or, le terme «communauté internationale» n’a aucun fondement juridique. Il ne regroupe ni l’ensemble des habitants de la planète ni l’ensemble des pays du globe, comme l’indique pourtant son nom. En réalité, dans la plupart des situations, il exclut tous les pays qui sont ouvertement réfractaires aux décisions ou politiques états-uniennes, et va même parfois jusqu’à exclure la majorité des citoyens du globe.

Au lieu d’être un terme inclusif, c’est un terme mensonger qu’utilisent les États-Unis, leurs États vassaux, le Canada, la Grande-Bretagne et Israël, et à l’occasion quelques États intéressés d’Europe ou d’ailleurs, pour se définir avantageusement par rapport à des pays ou à des groupes de pays rivaux. Il représente aussi, chose choquante, les vues d’organisations militaires, comme l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, ou économiques, comme l’Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, toutes soustraites au processus démocratique et toutes inféodées aux États-Unis et, dans une moindre mesure, aux autres membres du G8.

Les journaux comme l’Acadie Nouvelle, par souci de rigueur, devraient cesser d’utiliser ce terme trompeur et nous expliquer clairement à quels États ou quelles organisations ils font référence. Une nouvelle comme «La communauté internationale a accusé l’Iran…» deviendrait ainsi en réalité «Les États-Unis, appuyés par la Grande-Bretagne, le Canada et Israël, ont accusé l’Iran».

La vérité ne s’en porterait que mieux. Et du fait même, le développement de nos démocraties.