Des compromis douloureux pour les soins de santé

Paul Blanchard
Directeur général
Association des Pharmaciens du Nouveau-Brunswick
Fredericton

Je vous écris pour faire suite à la lettre d’Hermance Leblanc, présidente de la Fédération des citoyen(ne)s aîné(e)s du Nouveau-Brunswick, dans laquelle elle approuve la nouvelle politique sur les médicaments génériques du gouvernement du Nouveau-Brunswick.

Les pharmaciens du Nouveau-Brunswick soutiennent fermement l’objectif de diminuer le prix des médicaments génériques. Pendant plus d’une année, ils ont envoyé au gouvernement provincial des propositions visant à réduire le prix des médicaments génériques et à réaliser des millions de dollars d’économies dans le domaine de la santé tout en assurant aux pharmaciens une juste rétribution pour l’important travail qu’ils font. Ces propositions ont été ignorées.

Au lieu de cela, le gouvernement provincial a imposé une politique sur les médicaments génériques qui mettra de nombreuses pharmacies dans l’impossibilité de continuer à fournir les services qu’elles procurent actuellement, que les patients attendent et auxquels ils ont droit.

Les membres de l’association que je représente sont encore en train d’évaluer les répercussions financières de cette politique, mais, dans les faits, le gouvernement va soustraire plus de 5 $ par dollar remboursé. Les pharmacies seront donc privées de 4,50 $ en moyenne par ordonnance exécutée. Cette situation obligera de nombreuses pharmacies à faire de douloureux compromis sur la façon dont elles serviront leur communauté.

Alors que d’autres provinces qui ont mis en œuvre des politiques sur les médicaments génériques ont réinvesti dans les services de pharmacie en moyenne 50 % des économies réalisées, le Nouveau-Brunswick va réinvestir moins de 30 %.

Tout cela revient à dire que la nouvelle politique du Nouveau-Brunswick sur les médicaments génériques se traduira par une diminution des services de soins de santé de première ligne offerts aux patients, dont plusieurs sont des aînés qui comptent sur les conseils de leur pharmacien.