Une véritable chasse aux sorcières?

Hector J. Cormier

Moncton

Que les professeurs du Département de sciences politiques de l’Université de Moncton trouvent que certains propos de la présidente de l’ABPPUM auraient pu refléter un peu plus de doigté, c’est une chose, mais qu’ils disent (Acadie Nouvelle du 11 octobre 2013), sans nuance aucune, que la critique récente autour des événements qui se passent à l’université ressemble à «une véritable chasse aux sorcières», cela ne manque pas de surprendre.

Que madame Ryan ait dit que l’établissement universitaire n’est pas de la taille d’un gros cégep du Québec cela n’a scandalisé personne parce que c’est la vérité. Elle n’a pas dit que l’institution n’avait pas d’importance ou encore qu’elle n’avait pas de rôle important à jouer. Elle a dit qu’un établissement de cette dimension ne pouvait se permettre d’offrir les conditions salariales faramineuses qu’a accordées le Conseil des gouverneurs au recteur Yvon Fontaine. Et elle a pleinement raison.

Mais qu’on dise que ce qui se passe à l’Université de Moncton depuis quelque temps apparaît comme une «chasse aux sorcières», cela est bouleversant. Qu’un questionnement public ne fasse pas l’affaire de certains, cela peut se comprendre, mais faut-il pour autant fermer les yeux et jouer à l’autruche? Faut-il taire aussi l’affaire Louis LaPierre et le processus tronqué de nomination des cadres supérieurs?

Allons dire aux anciens étudiants, qui paient encore des prêts et de forts intérêts, pour certains encore à l’âge de 40 ans, qu’il n’y a pas d’excès avec deux pensions très très bien garnies à un recteur sortant en plus de deux années de repos payées à coup de demi-million de dollars, et ce, sans oublier deux sommes de 5000 $ pour du «recyclage», nous trouverons peu de sympathie et beaucoup d’indignation. Qu’ils soient rassurés, ils ne sont pas seuls!