Immersion française: nous avons besoin de votre aide

Les lecteurs de l’Acadie Nouvelle sont sans aucun doute conscients du débat en cours sur l’intention du premier ministre Gallant de ramener le point d’entrée de l’immersion française des élèves anglophones de la 3e année à la 1re année.
Les éducateurs et les administrateurs anglophones ne voient pas cela comme une bonne décision pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la cohorte qui a commencé en 3e année sous l’ancien gouvernement libéral a encore deux ans d’expérience en immersion à compléter et, par conséquent, nous ne pouvons pas comparer leurs résultats avec les anciens élèves ayant commencé leurs études en immersion en 1re année.

Deuxièmement, il y a actuellement une question de dotation en personnel et l’augmentation du nombre de cours d’immersion française entraînera une pression sur un système anglophone déjà surchargé. Il n’y a tout simplement pas assez de professeurs qualifiés en immersion française.

Le plus grand problème pour les éducateurs est la catégorisation inhérente dans la façon dont nous offrons actuellement l’immersion. Le passage à un point d’entrée en première année créerait une division chez les enfants de 6 ans en deux groupes avec des attentes différentes. L’immersion a toujours été justifiée dans cette province comme étant appropriée pour le «meilleur» élève – et quel parent ne voudrait pas que son enfant soit inclus dans cette description.

Toutefois, comme vous pouvez l’imaginer, cela peut causer toutes sortes de problèmes pour les enfants et les enseignants qui ne sont pas en immersion. En outre, le système auquel le premier ministre Brian Gallant est résolu à remettre en place a produit un taux de réussite chez seulement 11% des élèves et a souffert un taux d’abandon de 40%. C’est à peine inspirant.

Le Telegraph Journal a publié plusieurs commentaires et lettres respectueuses, auxquels le gouvernement n’a guère réagi. Une soumission récente de Paul-Émile Chiasson, professeur à l’UNBSJ, a proposé un modèle 50/50 d’immersion française/anglaise pour tous en commençant «aux premiers niveaux». J’ai écrit au ministre (de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Brian) Kenny pour lui demander s’il y voyait une quelconque valeur, car cela augmenterait le nombre d’étudiants en immersion française et éliminerait les inégalités de diffusion. Hélas, la question n’a pas été traitée.

Il semble donc que M. Gallant est déterminé à mettre en œuvre un programme qui inflige le plus de dégâts au système anglophone et qui aurait maintenant à offrir l’immersion française en première année, continuer l’immersion de la cohorte de 3e année, le français intensif en 5e année (moitié de l’année en anglais et l’autre moitié en français), les cours de français à la suite des cours intensifs en 5e année, l’immersion tardive en 6e année et les cours réguliers de français pour tous les élèves de la 3e à la 10e année.

Les anglophones ont besoin de votre aide afin de remédier à cette situation chaotique et d’apporter une meilleure contribution à l’apprentissage au Nouveau-Brunswick. Nous voulons de bons programmes en français à la disposition de tous les étudiants et nous ne voulons pas du cloisonnement, ce que les francophones ont sensiblement éliminé il y a des années. Il ne devrait pas être impossible pour nous de faire mieux que ce sur quoi insiste le gouvernement. Si vous pensez que le Dr Chiasson est sur la bonne voie ou qu’il a des points de vue différents qui amélioreraient notre apprentissage du français sans cloisonnement, je suis certain que votre député ou députée, le ministre Kenny et le premier ministre Gallant seraient heureux de les entendre.

Gervais Warren,
Rothesay