La famine irlandaise et la générosité acadienne

Le 17 mars, jour de La Saint-Patrice, de nombreuses histoires seront racontées pendant la fête des Irlandais.

Parmi les mythes et les légendes, l’histoire véridique de la jeune Maurya Gallagher sera encore évoquée dans le nord du Nouveau-Brunswick. Peut-être à cause de la sagesse et de la pertinence qu’elle véhicule toujours aujourd’hui.

Née dans le comté de Donegal en Irlande, Maurya n’avait que deux ans lorsqu’elle fut placée sur le navire Eliza Liddell, qui évacuait les victimes de la grande famine irlandaise, pour la traversée de l’Atlantique, en 1847. C’est à Shippagan que ces rescapés ont enfin retrouvé la terre ferme.

On croit que le père de la jeune Maurya est l’un des 13 pauvres cultivateurs-censitaires (tenant farmer) qui ont perdu la vie lors de la traversée, délaissant femmes et enfants à leurs sorts dans une pauvreté totale.

Parmi les 90 passagers affamés tenus à l’écart en quarantaine, il y avait 28 victimes du typhus.

Ensemble, les Acadiens de Shippagan et les Irlandais de Pokemouche ont répondu à l’appel avec une extrême empathie, s’occupant de nourrir et d’accueillir chez eux les orphelins, les veuves et leurs familles.

Ce dévouement altruiste marque toujours les mémoires, 170 ans plus tard.

Incapable de s’occuper sa plus jeune, la mère de Maurya Gallagher a placé l’enfant dans un panier mi’kmaq, pour la transporter chez Jérémie Mazerolle à Tracadie, où Maurya sera adoptée.

Maurya est devenue une partie intégrale de l’Acadie et de son histoire. C’est réellement une histoire néo-brunswickoise, qui souligne l’amour entre les cultures et de la générosité envers les immigrants qui viendront à leur tour contribuer au développement de notre province.

Je n’ai aucun doute, il y a sûrement des milliers d’histoires semblables d’ouverture et de tolérance.

En 2017, elles doivent être racontées.

Kevin Mann,
Membre de l’Irish Canadian Cultural Association (Bathurst)