Divulgation du nom du père des enfants

Les commentaires de David Coon, chef du Parti vert, rapportés dans l’Acadie Nouvelle du 7 avril, par rapport à la mère qui est privée d’assistance parce qu’elle refuse de dévoiler le nom du père de son enfant, sont tout à fait justes.

Durant les années 1990, Frank McKenna avait tenté la même tactique. Elizabeth Weir, qui était alors chef du Parti NPD, avait fait imprimer une épinglette sur laquelle on pouvait lire «Frank est le père» pour tourner en dérision sa politique avilissante envers les femmes.

McKenna exigeait qu’une femme monoparentale assistée déclare le nom du père de ses enfants avant de pouvoir toucher l’aide sociale. Il voulait ainsi obliger les pères à verser aux mères assistées une pension alimentaire, une politique qui paraissait tout à fait logique à première vue, sauf qu’elle conduisait à une ingérence indue et mettait parfois les enfants à risque.

Les femmes se voyaient contraintes à expliquer en détails la nature de leurs fréquentations, y compris la fréquence et la durée des contacts, sans quoi le gouvernement leur refusait l’aide sociale. Certaines refusaient de dévoiler le nom du père des enfants par crainte de représailles, ayant vécu un climat de violence familiale, alors que d’autres n’en étaient pas sûres.

Le gouvernement obligeait alors les pères potentiels à se soumettre à des tests de paternité. Les pères se vengeaient ensuite en exigeant le droit de venir visiter leurs enfants, même si cela se faisait dans un climat de tension et d’hostilité et nuisait au bien-être des enfants.

Voilà ce qui arrive quand une politique publique a un caractère pénalisant et oppressif et que la protection des personnes en cause passe en second lieu.

Claude Snow
Caraquet