Un marathon sur sept continents pour Suzanne Savoie

Mission accomplie pour Suzanne Savoie. L’Acadienne de Dundee est devenue la semaine dernière la 13e Canadienne de l’histoire à compléter un marathon sur chacun des sept continents.

L’enseignante âgée de 40 ans rentre tout juste d’un périple inoubliable en Antarctique. Ce séjour de deux semaines à bord d’un bateau russe et sur un continent encore vierge restera à jamais gravé dans sa mémoire.

Suzanne Savoie (154) devait absolument demeurer dans le sentier balisé de course, peu importe les obstacles. – Gracieuseté

La belle aventure a débuté au début du mois avec un vol vers Buenos Aires pour rencontrer les 111 autres athlètes qui allaient partager son quotidien au cours des deux semaines suivantes.

«Sur le bateau, il n’y avait pas d’internet, rien. On était vraiment déconnecté du monde», raconte celle qui réside à Ottawa depuis quelques années.

Après deux jours en pleine mer, ce fut le grand moment. Pour Suzanne Savoie, le choc a été brutal.

«Je suis parti d’Ottawa alors qu’il faisait -25. Quand je suis arrivé en Antarctique, je trouvais qu’il faisait chaud. Il faisait -1 la journée où on est arrivé. Je m’attendais à ce que tout soit blanc partout. Mais ce n’était pas du tout le cas», explique-t-elle.

«La première chose qu’on a vue, c’est de la terre et du vert partout. C’était un genre de mousse sur les rochers. C’était aussi plein de pingouins. C’était vraiment impressionnant à voir», ajoute la coureuse acadienne.

L’Antarctique offre des paysages à couper le souffle. – Gracieuseté

Ce n’était qu’un petit avant-goût puisque ces petites îles n’avaient pas grand-chose en commun avec le reste de l’Antarctique.

«Quand on est arrivé sur le continent comme tel, ç’a été magique. C’était des montagnes à couper le souffle et des gros glaciers. C’était vraiment impressionnant. L’eau était bleue et limpide. Tout était propre. On avait vraiment l’impression que les humains n’avaient touché à rien», souligne-t-elle.

D’ailleurs, tous les compétiteurs ont dû nettoyer leurs vêtements et leurs sacs à dos afin de ne pas apporter de saletés sur le continent.

En ce samedi 11 mars, Suzanne Savoie allait vivre l’expérience d’une vie.

«On a fait un court voyage d’une quinzaine de minutes à bord d’un zodiac avant d’arriver. On a mis nos espadrilles et nos dossards de course et la course a débuté 10 minutes après. Le temps était limité. On avait un accès de six heures et demie au continent. Il n’y avait vraiment pas de niaisage», raconte-t-elle.

Le groupe de plus de 110 coureurs ont immortalisé leur exploit. – Gracieuseté

Les concurrents allaient faire six tours d’une piste balisée de sept kilomètres. Pour l’Acadienne, ce fut le début le début d’un véritable calvaire.

«Ce marathon a été l’épreuve la plus difficile que j’ai faite dans ma carrière de coureuse», affirme-t-elle.

«Ce n’était que des côtes. Si on ne montait pas une côte, on en descendait une. Il y avait aussi beaucoup de boue dans le sentier. Mais on n’avait pas le droit de contourner les flaques d’eau ou la boue. Il fallait vraiment rester dans le parcours balisé, même si les espadrilles restaient prises dans la boue.»

Dans d’autres portions du parcours, la course se déroulait sur des roches semblables à celles qu’on peut retrouver sur le bord de la mer. Pas exactement des conditions optimales pour un marathonien.

«On n’a par contre pas eu de problèmes au niveau de la faune. Ils nous ont laissés tranquilles pour le marathon. On a vu quelques pingouins à la ligne d’arrivée, mais c’était tout. Ça faisait d’ailleurs un peu drôle, on franchit la ligne d’arrivée et ce sont des pingouins qui nous attendaient!», blague Suzanne Savoie.

Côté performance, l’Acadienne a terminé cinquième dans sa catégorie d’âge (40-49 ans) et 15e chez les femmes (sur 48).

Mais le résultat était bien secondaire dans son esprit quand elle a franchi le fil d’arrivée.

«J’avais les larmes aux yeux. C’était vraiment émouvant de savoir que c’était la fin du gros défi que je m’étais donnée», indique-t-elle.

«C’est comme un rêve qui vient de se terminer. Ç’a été aussi une drôle d’expérience parce qu’on ne pouvait pas attendre personne. Dès qu’on finissait de courir, on embarquait tout de suite sur le zodiac pour retourner au bateau. On a un sentiment de fierté quand on termine et on veut partager ça, mais il n’y avait absolument personne à l’arrivée. C’était vraiment bizarre.»

Suzanne Savoie n’oubliera jamais les moments qu’elle a vécus avec ses nouveaux amis au bout du monde.

«Après deux semaines ensemble, on se connaissait comme si on était une famille. J’ai passé la semaine avec une gang d’Australiens qui m’ont un peu pris sous leur aile. Je vais m’ennuyer de ces gens-là.»

Pour l’Acadienne, c’était une belle aventure de six ans qui prenait fin.

C’est à bord de ce navire russe que Suzanne Savoie a pu mettre les pieds en Antarctique. – Gracieuseté

Elle en a parcouru des kilomètres depuis ce premier marathon de mai 2011 à Ottawa. Et on n’a pas fini d’entendre parler d’elle.

«Je ne dis pas non à un autre défi, mais je n’ai pas encore trouvé lequel. Mais pour le moment, je vais me reposer un peu.»