Ryan O’Marra découvre l’Acadie de son ami Luc Bourdon

Ryan O’Marra était un homme heureux quand il a posé le pied en Acadie pour participer au tournoi de la coupe Allen. L’ancien professionnel était évidemment comblé de participer au championnat national senior, mais encore plus de fouler la terre d’origine de son bon ami, disparu beaucoup trop tôt.

O’Marra et Luc Bourdon ont connu la gloire avec l’équipe nationale du Canada au milieu des années 2000.

Les deux défenseurs ont remporté deux médailles avec l’équipe des U-18 et deux autres avec la formation junior.

Pour le joueur des Generals de Stoney Creek, le voyage à Bouctouche prenait donc des allures de pèlerinage.

«On était les deux capitaines de l’équipe des U-18. Luc avait clairement un talent exceptionnel», raconte-t-il.

«Ce fut une journée très pénible pour moi quand j’ai reçu l’appel (annonçant le décès de l’Acadien). C’est James Duthie, de TSN, qui m’a appris la nouvelle. J’étais à Oakville, en Ontario chez ma copine de l’époque. Ce fut un moment horrible à vivre», ajoute-t-il, en baissant les yeux.

Le décès de Bourdon, le 29 mai 2008, l’a frappé comme un train.

«Je me souviens d’avoir éclaté en sanglots. C’est un gars qui avait toute la vie devant lui. Je pense qu’il serait devenu tout un joueur de hockey professionnel», affirme-t-il.

«Je crois qu’il serait devenu un genre de Kevin Bieksa (un ancien des Canucks de Vancouver qui évolue maintenant avec les Ducks d’Anaheim), avec un meilleur instinct offensif. Il était un meilleur patineur et avait le même genre de caractère et la même robustesse devant le filet.»

O’Marra se souvient d’un leader silencieux et d’un ami fidèle.

«C’est aussi un gars qui avait tout un tir et c’était un coéquipier de première classe dans le vestiaire. Il était du genre plutôt tranquille, mais quand il disait quelque chose, les autres écoutaient. C’est une vraie tragédie de le perdre», assure le numéro 18 des Generals.

«Je n’étais pas aussi près de lui que Kristopher Letang, mais c’était un très bon ami. Nous avons gagné trois médailles d’or et une d’argent ensemble sur la scène internationale.»

Selon lui, Bourdon était un véritable modèle pour tous ses coéquipiers.

«Luc avait un sens de l’humour très particulier. Il savait exactement quand être sérieux et quand avoir du plaisir. C’est un gars qui était respecté de tout le monde, par la façon dont il jouait, mais aussi de la façon dont il se comportait dans la vie de tous les jours.»

Pour Ryan O’Marra, la vie a continué.

Celui qui avait été un choix de première ronde (15e) des Islanders de New York en 2005, est passé aux Oilers d’Edmonton dans la transaction qui a envoyé Ryan Smyth à Uniondale.

Et après six longues saisons dans les mineures, il a finalement eu sa chance dans la LNH, avec les Oilers, en 2009.

«J’ai vécu six saisons difficiles dans les ligues mineures et j’ai travaillé vraiment fort pour atteindre la LNH», mentionne le joueur aujourd’hui âgé de 29 ans.

«C’est drôle, mais la plupart des belles choses qui me sont arrivées dans ma carrière sont arrivées à Vancouver, mon premier match dans la LNH, ma première bagarre, ma première mention d’aide, mon premier but et ma médaille d’or au championnat mondial junior.J’adore cette ville et cet aréna!»

Son premier but, réussi en 2010, allait être son seul dans la LNH.

Et il s’en souvient comme si c’était hier.

«C’était le jour après Noël, contre les Canucks et Corey Schneider. Je m’en souviens parfaitement. Nous avons provoqué un revirement à leur ligne bleue. Linus Omark a pris un tir au but et j’ai pu sauter sur le retour pour pousser la rondelle dans le filet. C’est un sentiment difficile à décrire. C’est un pur moment de joie.»

Mais son séjour dans le grand circuit a pris fin plus rapidement qu’il ne l’anticipait.

Deux autres parties avec les Ducks d’Anaheim en 2011-2012 et c’était terminé.

«Je n’ai aucun regret. Tout ça en valait la peine et je le referais demain matin. J’ai tout donné et j’ai eu une belle carrière chez les professionnels.»

Ryan O’Marra espère maintenant soulever la coupe Allan samedi après-midi à Bouctouche.

Et si c’est le cas, il assure qu’il aura une petite pensée pour son ami Luc Bourdon.