Acadie-Chaleur: «La série la plus excitante de ma carrière»

Autant du côté des Acadiens du Grand Caraquet que des Rameurs de la baie des Chaleurs, personne ne se souvient d’avoir disputé une série finale aussi serrée et enlevante. Les cinq matchs se sont terminés par la marge d’un seul but, trois d’entre eux ont eu besoin de la prolongation afin de déterminer un vainqueur et même une avance de deux ou trois buts n’est pas nécessairement un gage de victoire.

Mercredi à Caraquet, le brio du gardien Jimmy Doiron, spécialement pendant un désavantage numérique en prolongation, a permis aux Rameurs, pourtant privés de leur as attaquant Rémi Doucet, de prendre les devants 3-2 dans cette confrontation de championnat de la Ligue de hockey senior Acadie-Chaleur grâce à une victoire dramatique de 5 à 4.

Ce gain permet donc à la formation de la région Chaleur d’espérer soulever la coupe samedi soir, devant leurs partisans, dès 19h30 au Centre régional K.-C.-Irving de Bathurst.

«C’était pas mal incroyable, a avoué Simon Comeau, le héros du match avec son but sur une échappée alors que son équipe était à court d’un joueur. En troisième et en prolongation, on se faisait malmener et Jimmy nous a sauvés plus d’une fois. Sans lui, nous n’aurions jamais gagné. Il a fait des arrêts que je n’ai pas vu souvent. C’était impressionnant.»

Évidemment, les Acadiens veulent tout faire afin de contrecarrer les plans de festivités des Rameurs, samedi. Leur but est simple: provoquer une ultime rencontre dimanche (20h) à la maison, où l’avantage de la patinoire et de fait de disputer deux rencontres en un peu plus de 24 heures pourraient les favoriser.

«Je ne pense pas avoir joué dans une série aussi serrée, a révélé le capitaine des Acadiens, Yan Rail. Nous nous respectons et c’est comme si nous n’avions pas encore trouvé la faille de l’autre.»

Comeau soutient également qu’il n’a jamais vécu quelque chose d’aussi exceptionnel, lui qui a joué pour les Vitos de Moncton au junior B.

«C’est la première fois que je joue une série serrée comme ça. C’est la plus excitante de ma carrière. Avec tous les matchs décidés par un but, c’était déjà exceptionnel. Mais là, avec trois prolongations, c’est incroyable», assure-t-il.

Bien entendu, Caraquet devra tout donner samedi et souhaiter que le gardien Jimmy Doiron redevienne humain. Car son travail exceptionnel commence à jouer dans la tête des attaquants des Acadiens.

«Il est en feu, c’est vrai. On lance pourtant souvent sur lui. Il est toujours à la bonne place. Ça commence à être frustrant, mais c’est ça le hockey. Tu peux lancer 50 fois sur un gardien qui va tout arrêter et l’autre équipe va avoir une chance et la mettre dedans», a remarqué Rail, tout en saluant le jeu inspirant des gardiens de son équipe.

Le secret sera de jouer de la même façon durant tout le match que pendant les 30 dernières minutes de jeu, prolongation incluse, du duel de mercredi, avance le capitaine des Acadiens.

«Nous tirions de l’arrière 4 à 1 et on a joué une grosse troisième pour mettre ça 4 à 4, a signalé Rail. On a continué de la même manière en prolongation et les Rameurs (Simon Comeau, l’auteur du but gagnant) ont eu une chance. On ne peut pas faire d’erreur. Nous étions très déçus et pendant une demi-heure, personne n’a prononcé un mot dans le vestiaire. On a ensuite pensé au match de samedi et que si nous jouons trois périodes comme nous venions de le faire dans la deuxième moitié de match chez nous, il va y avoir un septième match à Caraquet. Avec une telle série, ce serait magique. Nous jouons mieux sous la pression. C’est do or die, comme on dit.»

Chez les Rameurs, on veut gagner à la maison, prétend Simon Comeau, qui s’attend à un match basé sur la vitesse et sur l’intensité samedi. Surtout que l’équipe va revoir Rémi Doucet, absent pendant toute la semaine parce qu’il portait les couleurs du Au P’tit Mousse de Lamèque au tournoi de la coupe Allan, à Bouctouche.

«Nous sommes tous sur la même longueur d’onde et chaque joueur comprend son rôle. Notre esprit d’équipe est à son meilleur. Dans cette série, on ne peut rien tenir pour acquis car le momentum change tellement souvent de côté. Même avec une avance de quelques buts, il faut continuer à travailler.»