Le Au P’tit Mousse a toutes les raisons d’être fiers

Nada Savoie n’a aucun regret. Même s’il serait très étonnant de revoir le Au P’tit Mousse de Lamèque dans la Ligue de hockey senior nord-est en 2017-2018, la directrice générale quitte avec le sentiment du devoir accompli. Elle s’empresse cependant de dire que ce n’est peut-être qu’un au revoir pour les hommes en bleu, vert et blanc.

Le beau parcours de Lamèque a pris fin en deuxième période de prolongation du  match de quart de finale, jeudi, face aux Generals de Lacombe, les champions en titre de la coupe Allan.

C’est un but d’Evan Oberg qui est venu infliger ce cruel revers à la formation acadienne.

Mais malgré la déception, Nada Savoie avait rapidement retrouvé son beau sourire.

«J’ai vécu les plus beaux moments de ma vie», avance-t-elle.

«Ce fut incroyable, avec entre autres la victoire en prolongation (6 à 5 contre le Thunder de Southeast Prairie mercredi). Le but égalisateur de Danny Chiasson à 18 secondes de  la fin de la troisième période contre Lacombe (en quart de finale) a été un feeling extraordinaire à vivre. Et on est passé à quelques centimètres de compter le but victorieux avec quelques secondes à faire. C’est venu tellement proche.»

Le Au P’tit Mousse a effectivement eu de nombreuses chances de l’emporter, mais le gros but n’est jamais venu.

«On a eu tellement de chance de marquer lors de la première période de prolongation. J’ai savouré chaque minute la semaine du tournoi. Et le fait de vivre ça avec des joueurs extraordinaires, qui viennent de partout, c’était encore plus spécial», mentionne la grande patronne de Lamèque.

«C’était tellement beau à voir la chimie de l’équipe. C’était comme si ces gars-là avaient toujours joué ensemble, dans la même équipe. On dirait juste que le tournoi ne dure pas assez longtemps.»

Nada Savoie a tenu à souligner l’effort presque surhumain de ses joueurs pendant cette semaine complètement folle.

«Les gars ont joué 98 minutes de hockey en quart de finale. Là-dessus, je te dirais que Billy Bezeau a dû en jouer un bon 70 minutes. Je n’exagère pas. Quand on regardait les chandails des joueurs, c’était un bleu marin foncé. Tout le monde était épuisé», précise-t-elle.

Même si elle est déçue de ne pas voir son équipe atteindre la demi-finale, la directrice générale trace un bilan positif de l’expérience à Bouctouche.

«C’est sûr qu’on joue toujours pour gagner. Mais je pense que tout le monde peut sortir de là la tête haute et dire qu’ils ont bien performé. On ne s’est pas fait déclasser par personne. On est très satisfait de notre cheminement pendant le tournoi.»

Nada Savoie confirme que le Au P’tit Mousse prendra vraisemblablement une pause l’hiver prochain.

«À Lamèque, on est loin de tout. Si Dalhousie ne revient pas l’an prochain, je serai toute seule dans mon coin de pays pour jouer contre des équipes du sud, de la Nouvelle-Écosse ou de l’Île-du-Prince-Édouard. C’est quasiment impossible de survivre dans la ligue en étant aussi loin», explique-t-elle.

«Le coeur et la passion du hockey sont toujours là, mais la réalité te frappe en pleine face quand tu vois que tu dois conduire des heures et des heures pour aller jouer des parties de hockey. On n’a plus Miramichi, Tracadie ou Dalhousie pas trop loin. Ce serait juste irréaliste de penser que le Au P’tit Mousse serait dans cette ligue l’an prochain.»

Et si c’est la fin, la directrice générale n’aura aucun regret.

«Dans mes six années avec l’équipe, je pense que Lamèque a eu un beau parcours, avec deux coupes et deux participations au tournoi de la coupe Allan. Je pense qu’on peut tous sortir de là avec fierté.»