Quantité et qualité

Souvent, quantité et qualité ne vont pas de pair. Il suffit seulement de regarder du côté des chaînes spécialisées sportives pour s’en convaincre. Mais parfois, à notre grand bonheur, les deux s’associent pour nous donner un produit exceptionnel.

Par exemple, l’offre de hockey au Nouveau-Brunswick, cette semaine, est à faire pâlir d’envie les amateurs de la Ligue nationale de hockey, qui sont plongés depuis mercredi en pleines séries éliminatoires de la Coupe Stanley.

Du côté de Bouctouche, la présentation du tournoi de la Coupe Allan remplit et dépasse ses promesses. Les matchs sont palpitants et les deux équipes qui représentent la province ont été capables de tirer leur épingle du jeu. Les amateurs ont été choyés par la qualité des duels et des joueurs présents, dont plusieurs qui ont évolué dans la LNH.

Le Au P’tit Mousse de Lamèque, avec juste un tout petit peu plus de chance, aurait très bien pu prendre part aux demi-finales de vendredi. Leur revers en deuxième prolongation en quarts de finale contre les champions défendants, les Generals de Lacombe, valait bien en émotions n’importe quelle rencontre qu’on nous diffuse soir après soir sur RDS, TVA Sports, Sportsnet ou encore NBC.

De son côté, les JC’s de Bouctouche avaient une chance légitime, vendredi, d’accéder à la finale. Ils ont fait plaisir à leurs nombreux partisans en l’emportant 1 à 0 en quart de finale, encore là en prolongation, face aux Generals de Stoney Creek, jeudi soir. Quand Bruce Graham a déjoué le gardien adverse dès la troisième minute de la quatrième période de jeu, la clameur de la foule aurait pu soulever le toit du Centre J.-K.-Irving de Bouctouche.

Nous ne pouvons que leur souhaiter une autre victoire, vendredi soir, contre les Cataractes de Grand Falls-Windsor et une présence au match ultime, samedi après-midi.

Ce serait merveilleux que la coupe Allan soit soulevée par les joueurs en vert, non?

Go JC’s Go!

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Un peu plus au Nord, les amateurs ont l’embarras du choix.

D’abord avec la finale de la Ligue de hockey senior Acadie-Chaleur, que les Rameurs de la baie des Chaleurs mènent 3-2.

De mémoire d’homme, je ne me souviens pas d’une confrontation aussi serrée au hockey. Les cinq duels se sont décidés par la marge d’un but, dont trois qui ont nécessité la prolongation afin de trancher le débat.

Également, une avance de quelques buts n’est pas suffisante. Dimanche à Bathurst, les Rameurs ont effacé un retard de deux buts avant de l’emporter. Mercredi, c’était au tour des Acadiens du Grand Caraquet de rayer de l’ardoise un déficit de trois buts et provoquer une période de jeu additionnelle.

Souvent dans le hockey – et spécialement dans le hockey de séries, comme vont souvent le démontrer les 16 clubs aspirant à la coupe Stanley dans les prochaines semaines -, on pouvait déjà penser à fermer les livres quand une équipe détenait une priorité aussi mince qu’un but après 40 minutes.

On savait à quoi allait ressembler le troisième vingt: une équipe repliée en défensive, cherchant à protéger son avance, va lancer le disque en fond de zone adverse et va préférer se disposer à cinq dans sa zone plutôt que de tenter d’inscrire le but assommoir. Pendant ce temps, l’autre club va se buter, montée après montée, à un mur infranchissable jusqu’au moment où il retirera son gardien dans les derniers instants, en vain.

Mais là, les Rameurs et les Acadiens nous offrent une version améliorée de cette formule, au grand plaisir des nombreux amateurs. Deux buts d’avance? Qu’à cela ne tienne. Trois? Pas grave!

Ce spectacle fait certainement plaisir aux dirigeants de la Ligue de hockey senior Acadie-Chaleur, qui doivent souhaiter en secret la tenue d’un septième et décisif match, dimanche à Caraquet.

Go Rameurs Go! Go Acadiens Go!

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Pendant que le hockey senior nous en fait voir de toutes les couleurs, le Titan d’Acadie-Bathurst est en train de se réconcilier avec les amateurs du hockey junior majeur.

À moins d’une catastrophe (car ces lignes sont écrites avant le cinquième match de la série, vendredi soir), la troupe de l’entraîneur-chef Mario Pouliot devrait obtenir son billet pour la demi-finale du circuit Courteau.

Mardi, le Titan a disputé une rencontre correcte, mais sans plus, et il a vaincu l’Armada 4 à 1. Le gardien Reilly Pickard a été fumant et les unités spéciales d’Acadie-Bathurst ont fait de l’excellent boulot.

Mercredi, les rouges ont offert une petite leçon de hockey à Blainville-Boisbriand dans un gain de 7 à 2. Tout a fonctionné comme sur des roulettes et le spectacle a été d’un très fort calibre pour les partisans.

Ainsi, pour la première fois en huit ans, le Titan joue encore au hockey après la mi-avril. Ce n’est pas rien. Et si les astres continuent de s’aligner de cette façon, qui sait si nous n’aurons pas encore du hockey en mai à Bathurst?

Et que dire des Sea Dogs de Saint-Jean? La meilleure formation du circuit a passé sur le corps des pauvres Foreurs de Val-d’Or en quatre petits matchs. La troupe de la ville portuaire a dominé 226-80 pour les tirs au but et seul le brio du gardien Étienne Montpetit, des Foreurs, a évité aux Abitibiens un plus grand affront.

Petit plaisir coupable, c’est agréable de constater que le carré d’as pour la coupe du Président comprendra trois équipes des Maritimes, même si ça demeure encore une ligue du Québec…

Petite parenthèse: pour le bien du Titan et des Sea Dogs, le Canadien de Montréal devrait se faire éliminer rapidement ou, au moins, la LHJMQ devrait programmer les matchs les soirs où le Tricolore n’est pas en action.

Go Titan Go! Go Sea Dogs Go!