Le Titan devra terminer le travail à Blainville-Boisbriand

On s’attendait à une crucifixion, vendredi soir, au Centre régional K.-C.-Irving de Bathurst. Les quelque 3524 spectateurs – une salle comble – ont plutôt assisté à la résurrection de l’Armada de Blainville-Boisbriand contre le Titan d’Acadie-Bathurst.

La troupe de l’entraîneur-chef Joel Bouchard a évité l’élimination dans une victoire bien méritée de 5 à 1, ce qui leur permet de respirer au moins jusqu’à lundi à domicile pour le sixième duel de cette série quarts de finale de la LHJMQ.

Les visiteurs se sont montrés sous un bien meilleur jour alors qu’ils ont un pied dans le précipice après leur revers de mardi et de mercredi.

Et on a également pu remarquer à quel point ce club joue différemment quand il détient l’avance. Une avance acquise de façon chanceuse, quand le rebond de la bande du tir de Connor Bramwell (5e) a frappé le dos du gardien Reilly Pickard avant de pénétrer dans le filet après seulement 81 secondes de jeu.

Cependant, le Titan a offert une première période et un match bien fade à ses partisans, en étant brouillon dans l’exécution et en optant pour de mauvaises décisions près du filet de Samuel Montembeault, de retour devant le filet après deux matchs sur le carreau en raison d’une blessure.

«On s’attendait à ce que l’Armada sorte avec l’énergie du désespoir, car c’était une question de vie ou de mort pour lui. Leurs joueurs ont constamment été les premiers sur la rondelle et ont gagné les batailles à un contre un toute la soirée», a noté Mario Pouliot à sa sortie du vestiaire très tranquille après la rencontre.

Dès le début, le pilote du Titan a senti que ses joueurs serraient un peu trop leurs bâtons.

«Il y avait un peu de nervosité. On s’est battu avec la rondelle. Ce n’est pas que nous n’avons pas travaillé, mais nous avons mal travaillé. En séries, il ne faut jamais aller trop haut, ni aller trop bas. On doit donner de bonnes présences et garder ça simple», a-t-il indiqué.

La deuxième n’a été guère mieux pour les rouges, qui ont paru totalement désemparés pendant plusieurs minutes. L’Armada n’en demandait pas tant et a ajouté trois buts, dont deux en 30 secondes, par l’entremise d’Alex Barré-Boulet (7e, AN) et le deuxième de Bramwell sur un tir d’angle où Pickard a mal paru. Quand TJ Melancon a marqué en fin d’engagement, on sentait alors que le Titan allait être forcé de faire ses valises pour retourner au Québec.

Une période et une rencontre que Joel Bouchard a grandement appréciées. Pour son équipe, c’est mission accomplie.

«La chance a enfin tourné pour nous, a-t-il fait part. Dans la vie, on fait toujours face à de l’adversité. Ce n’était pas la première fois qu’on le vivait et on s’en est toujours sorti. En l’espace de 28 heures, tout ce qui pouvait aller mal nous est arrivé. Vous ne savez pas tout ce que nous avons dû endurer. Mais je suis fier de mes gars. Je les aime, même si je suis parfois dur avec eux.»

Fait intéressant, Bouchard a amené sa troupe à l’église jeudi, question de se regrouper dans un environnement serein et de tourner le vent de côté, de son propre aveu.

«On est de retour à la maison pour le sixième match. Jouer trois matchs de suite à Bathurst a été dur pour nous, car normalement, tu joues le cinquième match d’une série devant tes partisans. Les gars se sont battus, ils sont demeurés concentrés, ils ont bloqué des tirs, on a eu 40 lancers… Vraiment, je suis fier d’eux.»

En troisième, le Titan a montré un peu plus d’étincelle avec le but de Christophe Boivin (5e, AN) à la 14e minute, alors que l’Armada n’a pas eu à animer le spectacle devant Anthony Dumont-Bouchard, venu en relève à Pickard. Le but «vide aréna» est revenu à Charlie Roy (1er), dans un filet désert.