L’Armada a été meilleure que le Titan

Le bon côté d’un retour en autobus d’une durée d’une dizaines d’heures, c’est qu’il permet de faire un trait sur ce qui vient de se passer – comme par exemple un revers douloureux de 7 à 1 qui envoie ton équipe en vacances – et de se placer en mode positif pour la prochaine saison.

Bien entendu, le périple du Titan d’Acadie-Bathurst vers la région Chaleur, dans la nuit de mardi à mercredi, a été très tranquille, chaque joueur méditant sur la saison – ou la carrière junior majeur – qui venait de se terminer quelques heures plus tôt face à l’Armada de Blainville-Boisbriand dans le septième match de la série quart de finale.

Une fois dépassé ce goût très amer de la défaite, les joueurs et l’organisation ont pu constater qu’une grande leçon du hockey s’est imposée une fois de plus: pour être les meilleurs, il faut jouer comme les meilleurs et il faut battre les meilleurs.

Et dans les trois derniers matchs de cette confrontation que le Titan menait pourtant 3-1, l’Armada a été meilleure, a reconnu l’entraîneur-chef Mario Pouliot.

«Qu’est-ce qui s’est passé…, s’est-il demandé à haute voix avant de faire une longue pause. C’est une addition de choses. Mais en premier lieu, il faut donner crédit à l’Armada qui est une excellente équipe de hockey.»

Cette «addition de choses» a commencé à Bathurst, vendredi, alors que Blainville-Boisbriand devait jouer un match où tout était contre lui: sur la route, devant une salle comble au Centre régional K.-C.-Irving, après une performance quasi-parfaite du Titan dans le quatrième match et à un revers de se faire éliminer.

C’est alors que l’entraîneur-chef Joël Bouchard a remis le filet à son gardien de confiance, Samuel Montembeault, après une absence de deux rencontres pour soigner une blessure. Depuis, l’Armada n’a concédé que trois maigres buts, alors qu’il en a marqué 16…

«Montembeault est revenu et ça leur a donné une énergie supplémentaire. Que l’Armada ait joué pour sa survie, on s’y attendait. Il a démontré de l’intensité que nous avons eu de la difficulté à égaler, leurs joueurs ont gagné les batailles à un contre un et nous avons commencé à commettre des revirements dans des endroits dangereux sur la patinoire. Alex Barré-Boulet et Pierre-Luc Dubois ont joué à la hauteur de leur réputation. Notre désavantage numérique, parfait en 15 occasions, a commencé à donner des buts et nous avons pris des mauvaises décisions au mauvais moment», a retenu Pouliot au sujet de cet effondrement.

Lundi, même si le Titan ne disputait pas un grand match aux dires même de l’entraîneur-chef, le gardien Reilly Pickard a été exceptionnel afin de garder le pointage 1 à 0 pour l’Armada. Alors que le Titan a obtenu un avantage numérique, deux pénalités presque coup sur coup ont plutôt donné un avantage de quatre contre trois aux locaux, qui en ont profité pour marquer.

Mardi a été un de ces soirs où rien n’a fonctionné. Un rebond de la bande, une mauvaise remise du gardien, des choses du genre qui se sont transformées chaque fois en but pour l’Armada.

«Je crois au destin et je crois qu’il fallait qu’on passe par là pour s’améliorer. Nous venons de connaître une très bonne saison, nous avons joué en constante progression, nous avons gagné une première série éliminatoire en huit ans et nous avons joué un septième match contre l’Armada, une des très bonnes équipes dans cette ligue. Il faut apprendre à grandir de cela et continuer dans cette voie. J’ai noté beaucoup de choses dans cette série et je suis convaincu que nous sommes engagés dans le bon chemin. Nous avons amélioré notre éthique de travail et notre façon de jouer avec la rondelle. Nous avons compétitionné dans tous les matchs, sauf que l’Armada a atteint un niveau supérieur et c’est maintenant à nous d’atteindre ce niveau.»

Pouliot rencontrera les joueurs un à un jeudi, au Centre régional K.-C.-Irving. Pour la plupart, ce sera un au revoir avec, comme objectif clair de l’organisation, être encore meilleur en août, fait-il remarquer.

«Nous sommes passés de la 14e à la sixième position au classement général et nos attentes seront plus élevées. Nous voulons être dans le premier tiers de la ligue et connaître une saison à la hauteur de nos attentes. Et les joueurs le savent déjà.»

S’il faut perdre pour apprendre à gagner, que les autres équipes du circuit Courteau se le tiennent pour dit: le Titan a bien appris la leçon, foi de Mario Pouliot.

Des louanges pour Christophe Boivin, Jeffrey Truchon-Viel et les partisans

Mario Pouliot avait de la peine, mercredi. Pas uniquement parce que la saison du Titan était terminée, mais aussi parce que c’était également la fin d’une belle aventure pour un de ses joueurs de 20 ans, Christophe Boivin.

Le petit numéro 11 s’est trouvé un grand admirateur en l’entraîneur-chef, qui souhaite en dénicher des pareils comme lui lors des prochains repêchages.

«Christophe a disputé quatre saisons dans notre organisation et il a laissé un héritage de premier plan. Il est un individu de grande classe, qui vient travailler chaque fois qu’il s’est présenté à l’aréna et qui a progressé de saison en saison. C’est le genre de joueur dont rêvent toutes les équipes, malgré son physique. Christophe a le coeur d’un gars de sept pieds», a vanté Pouliot auprès l’auteur de 40 buts en saison régulière.

Il avait également de la peine pour les partisans, nombreux à appuyer le club dans les dernières semaines.

«L’engouement de nos partisans était quelque chose à vivre. C’était plaisant de voir les gens avec nous, de les voir remplir les gradins.»

Le pilote a également eu de très bons mots pour son capitaine, Jeffrey Truchon-Viel, qui a grandi dans son rôle de meneur de cette équipe.