CARAQUET – La tendance se confirme, le poids démographique du français continue de diminuer au Nouveau-Brunswick. Les associations acadiennes et les défenseurs de la minorité linguistique s’inquiètent des conséquences sur le long terme.

Les francophones représentent 32,5 % de la population de la province, d’après le recensement de 2011, contre 33 % en 2006. 

À noter que dans l’article et les tableaux de la page 2, La Presse Canadienne ne comptabilise pas les citoyens qui ont déclaré l’anglais ET le français comme langue maternelle. Toutefois, peu importe la méthodologie choisie, le fait demeure que le poids démographique des Acadiens est à la baisse, quoique légèrement. Une diminution qui inquiète tout de même la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB).

«Même un demi-pour cent c’est déjà beaucoup pour nous, remarque sa vice-présidente, Jeanne d’Arc Gaudet. À chaque recensement, on se rend compte qu’il y a une légère diminution et ça, c’est toujours préoccupant.»

Le phénomène n’est pas nouveau.

«En 1951, la communauté francophone représentait 36 % de la population du Nouveau-Brunswick», rappelle Éric Forgues, directeur de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques.

La tendance, si elle se poursuit encore, pourrait tout de même fragiliser durablement le poids de la communauté francophone.

«Si on continue à ce rythme-là, dans 50 ans ça veut dire qu’on aura diminué de 4,2 % et ça, c’est très préoccupant», poursuit Mme Gaudet. 

D’autant plus que le poids démographique des francophones descendrait alors sous la barre des 29 %.

«Est-ce qu’on ne va pas se retrouver en deçà de la masse critique, ce qui serait dangereux pour la communauté francophone?», s’interroge la vice-présidente de la SANB. 

«La masse critique qui a été déterminée par les scientifiques, c’est entre 28 et 35 %. Pour le Nouveau-Brunswick, on dit toujours que si on descend en deçà de 29 % on perd énormément de poids politique.»

Un scénario qui n’est pas encore gravé dans le marbre, mais qui pourrait bien se réaliser si la tendance ne s’inverse pas. Pour cela, un changement dans la communauté francophone elle-même s’impose. C’est l’avis de Michel Doucet, le directeur de l’Observatoire international des droits linguistiques, qui s’alarme d’un des éléments qui ressort des derniers chiffres de Statistique Canada.

«Même chez ceux qui déclarent le français comme langue maternelle, ce n’est pas toujours le français qui est la langue parlée le plus souvent à la maison.»  

«Le processus d’assimilation se poursuit malgré les efforts qui sont faits et les garanties qui sont données, constate Michel Doucet. Il faudrait mettre des ressources supplémentaires pour sensibiliser les familles et les parents à l’importance de maintenir la langue française.»

Le phénomène préoccupe également la vice-présidente de la SANB.

«Toute la communauté doit se mobiliser pour que les francophones soient plus conscients de leur identité et de l’importance de conserver leur langue et leur culture», assure Jeanne d’Arc Gaudet.

Voici les points saillants du recensement de 2011 sur la langue de la population canadienne. Ces données ont été récoltées en 2011 et rendues publiques mercredi.

– Un cinquième de la population du Canada parlait à la maison une langue autre que le français ou l’anglais en 2011;

– Plus de 200 langues ont été déclarées au Canada en 2011;

– 58 % de la population canadienne parlaient uniquement l’anglais à la maison alors que 18,2 % parlaient seulement le français;

– L’utilisation de plusieurs langues à la maison a augmenté, passant de 9,1 % en 2006 à 11,5 % en 2011;

– Les langues parlées à la maison affichant la plus forte croissance de 2006 à 2011 étaient principalement des langues asiatiques;

– Près de 10 millions de personnes ont affirmé pouvoir soutenir une conversation en français alors qu’ils étaient 9,6 millions en 2006;

– La proportion des personnes capables de parler le français s’est légèrement repliée pour atteindre 30,1 % en 2011 par rapport à 30,7 % il y a cinq ans;

– Au sein de la population canadienne, la proportion de ceux qui ont le français comme langue maternelle est passée de 22,3 % à 22 % en 2011;

– Au Québec, ceux qui ont déclaré le français comme langue maternelle a diminué de 80,1 % à 79,7 %;

– À l’extérieur du Québec, les francophones de langue maternelle sont aussi en baisse au niveau de leur poids relatif, passant de 4,3 % à 4,2 %;

– À Montréal, 16,5 % des citoyens ont dit parler une langue immigrante le plus souvent à la maison;

– De toutes les provinces, c’est en Alberta que le taux d’accroissement de la population ayant le français comme langue maternelle ou comme langue parlée le plus souvent à la maison a été le plus important entre 2006 et 2011. Avec une hausse de 13 000 personnes, il s’agit d’une augmentation de plus de 18 % de son effectif.

– Plus de détails à venir tout au long de la journée
 

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