Un ancien curé accusé d’actes de nature sexuelle

TRACADIE-SHEILA – La GRC de la Péninsule acadienne a déposé, hier, 22 accusations d’actes de nature sexuelle à l’endroit de Lévi Noël, un ancien employé du diocèse de Bathurst, et a lancé du même coup un appel aux victimes à sortir de l’ombre et à dénoncer ces crimes.

Anciennement employé comme curé dans le diocèse de Bathurst, le père Lévi Noël doit répondre à 22 accusations d’actes de nature sexuelle. L’homme de 83 ans fait face à 12 accusations d’actes de grossière indécence, à neuf accusations d’attentat à la pudeur et à une accusation de voies de fait.
Les crimes auraient été commis sur une période de 20 ans, entre 1958 et 1978. Les victimes alléguées seraient toutes d’âge mineur (de 8 à 16 ans).
En raison d’une ordonnance de non-publication, aucun renseignement personnel au sujet des victimes ou sur les endroits où les crimes ont été commis ne peut être dévoilé publiquement. La GRC s’est contentée de révéler que l’accusé est originaire de la Péninsule acadienne et que les crimes dont il est accusé auraient été commis dans cette même région.
Ces accusations relèvent de plaintes de 10 personnes. La police est au courant de l’existence de cinq autres victimes. Il appert cependant que quatre d’entre elles ont choisi de ne pas entamer de poursuites judiciaires. Quant à la cinquième, son dossier n’a pu être retenu par le procureur, en raison d’une insuffisance de preuves.
Le suspect devait se présenter en cour hier matin, mais a plutôt été représenté par son avocate, Me Danielle Haché. Un ajournement lui a été accordé.
Lévi Noël devra se présenter à la Cour provinciale de Tracadie-Sheila le 26 août, à 9 h 30, pour inscrire un plaidoyer et choisir son mode de procès.
La nouvelle a été dévoilée par le biais d’un point de presse de la GRC du district 8 (Péninsule acadienne), en présence de divers intervenants communautaires de la Péninsule acadienne.
L’exercice avait également pour but de sensibiliser la population sur l’importance de dénoncer ces actes, indique le sergent Sylvain LeClerc, sous-officier responsable du poste de la GRC de Tracadie-Sheila.
«Si on peut les sensibiliser à sortir de l’ombre. Qu’il y ait enquête criminelle ou non, je pense que l’objectif est de les aider, parce qu’il y a des organisations qui sont là pour ça. Si ça mène à des enquêtes criminelles, nous sommes là pour prendre soin des victimes et faire en sorte que justice soit rendue.»

En bref… Ces accusations découlent d’une enquête criminelle amorcée en mai 2008 par les enquêteurs du poste de Tracadie-Sheila de la GRC… L’accusé est pour l’instant en liberté. Un mandat d’arrêt a été lancé à son endroit. Il s’agit d’une mesure administrative pour garder autorité sur le dossier, a expliqué le sergent LeClerc…

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Le diocèse avare de commentaires

BATHURST – Le diocèse de Bathurst n’a pas voulu répondre aux questions du journal concernant la mise en accusation de Lévi Noël, mais a tout de même réagi.
Dans un communiqué de presse qui porte la signature du vicaire général, le père Wesley Wade, il est indiqué que «le père Lévi Noël est absent du diocèse depuis au-delà d’une trentaine d’années», et qu’il «n’exerce plus de ministère depuis plusieurs années.»
Les actes qui sont reprochés au père Noël seraient survenus de 1958 à 1978.
Le père Wade ajoute que le diocèse ne peut commenter davantage, puisque l’affaire se retrouve devant les tribunaux.
Il a également présenté la position de l’Église à l’égard de crimes tels ceux dont est accusé M. Noël.
«Les agressions sexuelles, surtout celles qui sont perpétrées contre des mineurs, sont sévèrement réprouvées par l’Église. Nous connaissons les effets redoutables qu’elles auraient pu avoir dans la vie des victimes», soutient le vicaire général. – JMP