Les victimes présumées du conseiller Earl Jones se réunissent à nouveau

MONTREAL – Les victimes présumées du conseiller financier Earl Jones et leurs proches se sont réunies dans un hôtel de Montréal, vendredi matin, pour la deuxième fois en quelques jours.

Plusieurs dizaines de personnes ont échangé leurs tristes histoires et avancé des hypothèses. Mais, surtout, elles ont discuté des formes d’aide qui leur sont disponibles. Certaines se sont déjà adressées à l’organisme Jeunesse au soleil.

La ministre québécoise Yolande James et des représentants de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et du du cabinet comptable RSM Richter participaient à cette rencontre.

La Corporation Earl Jones, dont les bureaux sont à Pointe-Claire, dans l’ouest de l’île de Montréal, est soupçonnée d’avoir élaboré ce qu’on appelle un « stratagème de Ponzi ».

Les agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), de la Sûreté du Québec (SQ) et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de même que des représentants des autorités américaines tentent pour l’instant d’élucider l’affaire.

Earl Jones est activement recherché depuis plusieurs jours; il n’a donné signe de vie ni à son bureau ni à ses résidences de Dorval et Mont-Tremblant.

On ne connaîtra pas l’ampleur réelle de la fraude alléguée avant le mois prochain, selon ce qu’a indiqué cette semaine le séquestre intérimaire de la firme, Gilles Robillard, de RSM Richter. Des dizaines d’investisseurs, y compris le frère de Earl Jones, Bevan, âgé de 70 ans, auraient perdu jusqu’à 50 millions $, selon l’AMF.

Mercredi, la Cour supérieure a prolongé jusqu’au 29 juillet le mandat de M. Robillard.

Ce jour-là, la Cour se penchera sur la mise en faillite de la Corporation Earl Jones. Comme ses activités semblent avoir été abandonnées et que ses actifs apparaissent insuffisants pour couvrir ses obligations, la faillite devrait être prononcée « par défaut » séance tenante, d’après M. Robillard.

Une fois la faillite prononcée, Gilles Robillard deviendra syndic de la firme, avec pour mandat de redistribuer le plus d’argent possible aux créanciers. Mais jusqu’ici, aucun actif de grande valeur n’a été retracé.