Le Nouveau-Brunswick tire bien son épingle du jeu

• L’Acadie NOUVELLE publie aujourd’hui la deuxième partie de son dossier sur le recrutement des médecins.

BATHURST – Grâce à ses efforts de recrutement, le Nouveau-Brunswick a attiré un nombre assez important de médecins au cours des dernières années.

La province occupe une bonne position dans l’ensemble du pays en ce qui a trait à son ratio de médecins de famille par habitant. Elle en compte 99 par 100 000 habitants comparativement à 98 au niveau national.
Depuis octobre 2006, 115 nouveaux médecins, toutes spécialités confondues, ont commencé à exercer au N.-B.
Le gouvernement a développé dans les années 2000 des stratégies pour les inciter à s’installer dans la province, ce qui semble porter fruit.
Depuis septembre 2008, par exemple, quelque 18 médecins familiaux ont été recrutés sur le territoire de la Régie régionale de la santé A.
«En termes de succès de recrutement, le N.-B. se classe en deuxième place au pays», a indiqué Lyne St-Pierre-Ellis, directrice de la planification des effectifs du secteur de la santé au ministère.
Les primes sont une des mesures pour attirer ou retenir des médecins dans la province.
Elles varient de 25 000 $ à 50 000 $ pour un engagement de trois ans selon qu’ils choisissent de s’installer dans les villes de Fredericton, Moncton, Saint-Jean ou en région rurale.
Ils peuvent aussi être admissibles à une subvention de 15 000 $ pour établir leur cabinet privé.
Les étudiants en médecine se voient octroyer des bourses chaque année et bénéficient d’un programme d’emploi d’été pour ceux qui sont en première et deuxième année.
Maintenant que la formation en médecine en français est offerte au Nouveau-Brunswick – depuis 2006 -, un plus grand nombre de jeunes sont séduits à l’idée d’étudier dans ce domaine.
La nouvelle unité d’enseignement en santé rurale dans la Péninsule acadienne devrait aussi faciliter l’embauche des médecins là où la pénurie se fait sentir.
«C’est pour contrecarrer le phénomène d’une formation plus spécialisée vers une formation plus généraliste basée dans la communauté et pour maximiser le recrutement et la rétention dans la région rurale», a plaidé Aurel Schofield, directeur du Centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick.
Effectivement, les régions rurales ont bien souvent plus de difficultés à séduire les jeunes médecins qui privilégient une qualité de vie moderne axée également sur les loisirs.
«C’est sûr que c’est dans le nord du Nouveau-Brunswick qu’il en manque le plus, particulièrement dans la Péninsule acadienne. Les médecins veulent rester dans les régions urbaines parce qu’il y a plus de divertissements», affirme René Lamontagne, vice-président aux services médicaux de la Régie de la santé A.
Mais tout n’est pas rose dans les grandes villes non plus.  La ville de Saint-Jean fait face à un nombre déficitaire de médecins de famille et parvient difficilement à pourvoir ces postes vacants. Cinq omnipraticiens sont recherchés dans la ville portuaire.
Le Collège des médecins et chirurgiens du N.-B. craint que le bras de fer qui oppose actuellement les gens de la profession au gouvernement provincial en ce qui concerne le gel des salaires freine le recrutement de médecins de famille.
«Quelle image cela donne-t-il aux médecins qui voudraient venir travailler au N.-B? Les étudiants d’ailleurs vont-ils vouloir obtenir leur formation ici? Ça va probablement jouer dans la balance. Ce n’est pas bon pour le recrutement, pour le maintien des effectifs et pour l’atmosphère de travail. Je demande au gouvernement de reculer sur cette façon de faire qui n’est pas professionnelle», avance le président Jean-Pierre Arseneau.