Le président Nicolas Sarkozy sort d’hôpital après son malaise

PARIS – Souriant et accompagné de sa femme Carla, Nicolas Sarkozy a quitté lundi en fin de matinée l’hôpital militaire du Val-de-Grâce où il a passé la nuit au lendemain du malaise survenu pendant un jogging dans le parc du château de Versailles. Ce malaise « lipothymique » n’a eu « aucune cause » et « aucune conséquence » tant cardiologique, neurologique que métabolique, a assuré lundi l’Elysée.

Le président français, qui a néanmoins annulé ses rendez-vous de lundi et son déplacement au mont Saint-Michel mardi, présidera bien mercredi le conseil des ministres, avant de prendre trois semaines de congés visiblement bienvenus. Aucun traitement médical n’a été prescrit et « un repos relatif de quelques jours lui a été conseillé », a noté l’Elysée.

M. Sarkozy a souffert dimanche vers 13 h de ce malaise, qualifié d’abord de « vagal » par certains de ses proches, survenu « après 45 minutes d’exercice physique intense ». Pour l’Elysée, il s’agit d’un « malaise lipothymique d’effort soutenu par grande chaleur et sans perte de connaissance, dans un contexte de fatigue liée à une charge de travail importante ».

La lipothymie se caractérise d’ordinaire par une impression de vertige et d’évanouissement imminent avec sueur, pâleur, bourdonnement d’oreilles et brouillard visuels. Elle est souvent précédée par des nausées. Son apparition étant progressive, elle laisse le temps de s’asseoir ou de s’allonger.

Selon la présidence, le chef de l’Etat a en effet dû « interrompre son effort » et « s’allonger avec l’aide d’un proche. Le médecin de l’Elysée, qui était à proximité, a apporté les premiers soins et a prévenu les secours ». M. Sarkozy a été transporté par hélicoptère au Val-de-Grâce où des examens de contrôle ont été menés à partir de 13 h 45.

A l’issue de ces examens, dont une coronarographie pratiquée lundi matin, on soulignait l’absence de cause ou de conséquence cardiologique, et qu' »aucun élément électrocardiographique évocateur d’un trouble du rythme n’a été décelé ». De plus, les autres examens pratiqués au Val-de-Grâce (bilan sanguin, électroencéphalogramme, IRM cérébrale) indiquent « qu’il n’y a ni cause ni conséquence neurologique ou métabolique ».

Les dernières informations sur la santé de M. Sarkozy remontaient au 3 juillet dernier quand le service médical de l’Elysée avait annoncé que des examens cardio-vasculaires et sanguins pratiqués sur le président s’étaient révélés « normaux ». Ce bref communiqué médical était le deuxième publié par l’Elysée depuis son élection le 6 mai 2007. Le premier, publié le 24 mai 2007, certifiait que son état de santé était « bon et intégralement compatible avec l’exercice de ses fonctions présidentielles ».

Pendant la campagne présidentielle de 2007, M. Sarkozy s’était pourtant engagé à la plus grande transparence sur le sujet en promettant de publier régulièrement son bulletin de santé pour rompre avec la pratique de ses prédécesseurs. Mais l’Elysée n’avait pas communiqué lorsque le président avait été hospitalisé dans le plus grand secret le 21 octobre 2007 au Val-de-Grâce. Il s’agissait d’une « petite intervention à la gorge », avait confirmé trois mois plus tard son porte-parole de l’époque, David Martinon.

Dans le cadre du malaise versaillais, la présidence a donc choisi cette fois la carte de la célérité puisque le premier communiqué adressé à la presse l’a été deux heures seulement après l’incident.

Ce malaise lors d’un jogging n’est pas le premier pour un chef d’Etat occidental. Le président américain Jimmy Carter s’était ainsi senti mal lors d’une épreuve de course à pied de 10km tout près de Camp David le 15 septembre 1979. Après un peu plus de 6km, M. Carter s’était effondré, soutenu de justesse par deux gardes du corps. Le médecin du locataire de la Maison-Blanche, le contre-amiral William Lukash, l’avait jugé le lendemain en « excellente forme ».