Les adolescents deviennent moins actifs en vieillissant

DIEPPE – La majorité des élèves qui terminent leur secondaire ont abandonné les activités qu’ils pratiquaient en septième année. C’est ce que dévoile une étude cana­dienne qui lève le voile sur la diminution d’activités phy­siques pratiquées par les adolescents.
De 1999 à 2005, 1276 jeunes Canadiens ont accepté de participer à une étude, la première au monde en son genre, qui avait pour but de comprendre quelles acti­vités étaient plus aptes à être pratiquées et maintenues au cours de l’adolescence ainsi que celles les plus susceptibles d’être abandonnées. 
Les élèves ont participé à 29 activités de différents types et ont dû donner leurs commentaires quatre fois par année aux cher­cheurs. Après cinq ans d’évaluation, les résultats se sont avérés surprenants.
En effet, la majorité des activités sont abandonnées par les jeunes entre la septième et la neuvième année scolaire. Celles les plus à risque d’être laissées de côté sont les activités physiques et celles dont l’intensité est plus élevée. Les filles ont obtenu des résultats moins encourageants que les gar­çons puisque deux ans après le début de l’étude, la majorité d’entre elles avaient mis fin à 23 des 29 activités pratiquées.
Le directeur de l’étude et direc­teur de recherche au Centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick et épidémiologiste à l’Hôpital Dr-Georges-L.-Dumont, Mathieu Bélanger, s’est dit étonné de ce résultat.
«C’était surprenant de voir que chez les filles, très peu d’activités étaient maintenues. La plupart d’entre elles abandonnent les activités pendant l’adolescence, alors que celles qui étaient maintenues étaient des activités d’intensité très faible», a-t-il souligné. 
L’activité la plus fréquemment soutenue et pratiquée chez les filles est la marche, tout juste avant les tâches ménagères.
Chez les garçons, 20 activités ont été abandonnées avant la neuvième année chez la majorité d’entre eux. Contrairement aux filles, ils ont continué à pratiquer plusieurs activités physiques de haute intensité, comme le hockey et le basketball.
À savoir pourquoi l’ensemble des activités physiques sont laissées de côté par les adolescents, Mathieu Bélanger n’a que des hypothèses à proposer pour le moment. 
«On peut penser qu’avec l’adolescence, les intérêts peuvent changer ou encore que d’autres activités demandent du temps et viennent faire compétition avec le temps qui aurait normalement été consacré à l’activité physi­que. Il y a peut-être aussi les devoirs ou les travaux rémunérés, les activités sociales, le coût des activités, bref, ce sont tous des éléments qui peuvent être pris en considération.»
En attendant, Mathieu Bélanger espère que son étude attirera l’attention des autorités de la santé publique et des gestionnaires de districts scolaires et qu’ils s’en serviront pour planifier des program­mes d’activités physiques capables de contrecarrer les tendances vers l’inactivité.
L’étude vient d’être publiée dans la revue spécialisée American Journal of Preventive Medicine, sous le titre When adolescents drop the ball: Sustainability of physical activity in youth.