Tragédie de Bathurst High: une recommandation majeure rejetée

BATHURST – Le gouvernement du Nouveau-Brunwick adopte la majo­rité des recommandations de l’enquête du coroner sur l’accident de l’école Bathurst High. Il en rejette quatre dont celle qui de­mandait que les élèves soient transportés en autobus scolaire lors de leurs acti­vités parascolaires.

Le ministre de l’Éducation, Roland Haché, s’est présenté devant les médias hier afin de confirmer que le gouvernement a adopté la plupart des recommandations, 20 sur 24, qui découlaient de l’enquête du coroner qui s’est tenue au début mai.
Cette enquête faisait suite à la tragédie routière qui s’est produite en janvier 2008 et qui a fait huit
victimes, sept jeunes de l’équipe senior de basketball de l’école Bathurst High et la femme de leur entraîneur.
L’équipe revenait d’un match disputé à Moncton lorsque leur fourgonnette a dérapé et frappé de plein fouet un camion semi-remor­que sur la route 8, à seulement quelques minutes de leur point d’arrivée. Quatre personnes ont survécu à la collision.
Dès le début, la province a banni ce genre de fourgonnettes de 15 passagers comme celle impliquée dans l’accident. Elle maintient son interdiction.
Les véhicules de 7 passagers ne font pas l’objet de cette même sanction.
Le jury recommandait que ce soit les autobus scolaires qui transportent les élèves au cours des activités interscolaires.
Pour une raison de coûts et de nombre insuffisant de véhicules, la province a mis de côté cette pro­position.
«Nous ne pensons pas que ce soit nécessaire et nous avons l’appui de différents groupes. Il serait irréaliste de penser que nous avons assez d’autobus scolaires et de chauffeurs pour voir à toutes les activités de toutes les écoles au
N.-B. Nous ne pouvons nier qu’il y a un problème d’argent, mais aussi de faisabilité. J’ai l’impression que même si nous avions tout l’argent, ce ne sera pas faisable», a avancé le ministre de l’Éducation Roland Haché.
Le syndicat des chauffeurs d’autobus scolaires réfute le point de vue du gouvernement.
«Nous avons des conducteurs de réserve et des autobus de réserve. Il n’y a pas de raison pour que ce ne soit pas nous qui amenons les enfants. Quand j’ai commencé, souvent il me relâchait de mon trajet autour de l’école pour m’envoyer sur des longs trajets avec les élèves. Dans le temps, les districts trouvaient que c’était la manière la plus sécuritaire. Pour quelques raisons, la sécurité a changé. C’est une question d’argent maintenant», a déclaré Jean-Yves Maillet, vice-président du syndicat des chauffeurs d’autobus.
Les nouveaux véhicules à usages multiples des écoles devront avoir des pneus d’hiver quand la saison le dictera, être inspectés tous les six mois et les bénévoles devront prendre une formation avant de se mettre au volant.
Par contre, malgré la demande du jury à l’issue des témoignages, la province n’a pas jugé nécessaire que les chauffeurs détiennent un permis de classe 2, comme les conducteurs d’autobus scolaires.
«Notre priorité est la sécurité des enfants. Les personnes qui vont conduire les enfants dans les acti­vités extramurales devront suivre un cours et avoir toute la certification nécessaire pour assurer la sécurité de tous. Pour moi, si le véhicule est en bon état et recommandé, si le conducteur est certifié, je ne vois aucun problème du tout», a affirmé le ministre Haché.
Le ministère des Transports a fait sa part dans le rapport du jury en modifiant l’accotement où l’accident est survenu, sur la route 8, immédiatement après l’enquête du coroner en chef de la province.

En bref…
Le ministre des Transports, Denis Landry, a indiqué que la bretelle où a eu lieu l’accident – dont la conception a notamment été blâmée dans le rapport – avait été réparée.

Avec des extraits de La Presse Canadienne.