La petite séduction n’a pas provoqué de ruée de visiteurs à Saint-Louis-de-Kent

SAINT-LOUIS-DE-KENT – Malgré le passage de la populaire émission La petite séduction l’an dernier, Saint-Louis-de-Kent n’é­chappe pas à la morosité généra­lisée de l’industrie touristique cet été.
Est-ce que le passage de La petite séduction à Saint-Louis-de-Kent a eu l’impact tant espéré sur le plan touristique? Une question à laquelle personne ne semble avoir de réponse précise. 
Même si l’émission, qui a été tournée en juin 2008 et diffusée un mois plus tard, a été un succès, les retombées sur le plan touristique ne semblent pas énormes, du moins pour l’instant. 
Géré par la municipalité de Saint-Louis-de-Kent, le parc Daigle ne connaît qu’une légère augmentation d’achalandage (2,4 %). 
«La température n’est pas idéale pour le camping, mais je n’ai pas entendu personne arrêter au camping pour jouer aux waquilles par exemple», a indiqué le directeur général du Village, Léo-Paul Frigault.  
M. Frigault a toutefois remarqué que cinq voitures immatriculées du Québec étaient arrêtées en même temps près du vieux pont en bois et que les visiteurs prenaient des photos.
«Ce n’est que mon impression, mais je trouve qu’il y a quand même moins de touristes un peu partout dans la région», a-t-il indi­qué. 
Le maire du Village est du même avis.
«Le tourisme est en baisse par­tout, mais La petite séduction n’a certainement pas fait de tort. Je ne suis pas toujours sur la rue, mais c’est sûr que certains touristes l’ont vue», a signalé Louis Arseneault.
La pluie, les températures plutôt froides et la récession sont parmi les raisons invoquées pour expliquer le peu d’empressement des touristes à visiter le Nouveau-Brunswick jusqu’à maintenant.
Du positif
Le maître poutinier Arnold Vau­tour, qui a participé au tournage de La petite séduction, n’a pas de preuve concrète que l’émission attire davantage de touristes dans la région. Il croit tout de même qu’il y a eu des retombées positives.
«Tous les jours, nous entendons dire que nous avons fait du beau travail. J’ai entendu ces commentaires de gens venant de Moncton, de Bathurst, d’Edmund­ston, de Campbellton et de la Péninsule acadienne. C’est très positif», a assuré celui qui est également un homme d’affaires. 
Le président de la Chambre de commerce de la région, René Côté, est lui aussi incapable de quantifier les retombées du passage de Saint-Louis-de-Kent à l’émission animée par Dany Turcotte, à Radio-Canada.
«On dirait que je vois plus de gens s’arrêter à la grotte (une attraction locale), mais c’est quand même difficile de mesurer l’impact. Nous avons une réunion avec nos membres la semaine pro­chaine et je serai davantage en mesure de commenter le dossier par la suite», a-t-il raconté.  
À l’épicerie du village (la Coop), les ventes ont légèrement augmenté, confirme le directeur-gérant, Bernard Cormier. 
Au Parc national Kouchibou­guac, où il y a 344 sites de camping, les touristes sont un peu plus nombreux cette saison. 
«Les visiteurs ne posent pas de question par rapport à La petite séduction, mais le terrain de cam­ping s’est rempli une fois cet été. L’an dernier, cela ne s’est pas produit. Est-ce que c’est relié à cela? Je ne le sais pas», a laissé tomber Michel Bujold, gestionnaire de l’expérience du visiteur à ce parc national. 
De son côté, Bernard Landry, l’un des instigateurs de La petite séduction à Saint-Louis-de-Kent, croit qu’il est encore trop tôt pour se prononcer.
«Certains disent que cela amène des visiteurs. C’est tout de même difficile à juger en raison de la pluie. Il y a quand même du positif partout. Nous voyons que plus de gens prennent des photos du pont et vont à la grotte, mais nous n’avons pas encore de statistiques pour donner une tendance», a-t-il conclu.