Les recettes de la publicité sur le Web dépassent celles de la radio

BATHURST – Les revenus publicitaires en ligne augmentent à un rythme vertigineux, dépassant maintenant ceux de la radio.

Pour la première fois au Canada, les recettes de la publicité sur le Web ont été plus importantes que dans les stations de radio, selon le Bureau de la publicité interactive du Canada (IAB).
Les annonceurs ont dépensé 1,6 milliard $ en ligne en 2008 alors que les sommes investies à la radio sont de l’ordre de 1,55 milliard $.
De ce fait, les revenus générés par la pub sur Internet ont quadruplé au cours des cinq dernières années, passant de 364 millions $ en 2004 à 1,6 milliard $ l’an dernier.
Le secteur automobile arrive en tête de liste des annonceurs en ligne au pays avec un taux de
13 %, suivi par le secteur financier (11 %), la technologie (10 %), les télécommunications (9 %), les produits emballés (8 %), les médias et divertissements (6 %), les loisirs
(6 %), la vente au détail (5 %) et autres (32 %).
Et malgré le fait que l’année 2009 se révèle pleine de défis pour toutes les industries, l’IAB ne croit pas que les recettes en ligne vont fléchir. Il s’attend même à ce qu’elles grimpent à 1,75 milliard $, soit une progression de 9,2 % comparativement à l’an passé.
«Nous sommes persuadés que la croissance de la publicité en ligne se poursuivra au rythme prévu pour la simple et bonne raison qu’Internet continue de stimuler et d’enthousiasmer les consommateurs tout en réussissant constamment à en faire bénéficier les annonceurs», a dit Paula Gignac, la présidente du Bureau de la publi­cité interactive du Canada.
La popularité grandissante de l’Internet se fait au détriment des autres supports médiatiques, sur­tout les imprimés. Les spécialistes prédisent que les dépenses glo­bales des annonceurs devraient baisser cette année de 2,5 % à la télé, 3,8 % à la radio, 15,6 % dans les quotidiens et de 12 % dans les magazines.
La station de radio CKLE à Bathurst connaît aussi une baisse de revenus. Elle a dû prendre certaines mesures notamment en mettant à pied une employée en poste à Caraquet.
«C’est sûr que nous sommes aussi affectés. Les revenus publicitaires ont baissé, mais nous n’avons pas perdu de clients. Ça n’a pas été une baisse énorme, mais il y a eu un ralentissement en septembre, octobre, novembre, décembre», a indiqué Armand Roussy, le propriétaire de la station privée.
«Nous faisons des réajustements et avons mis à pied une personne, mais ce n’est pas à cause de sa compétence. C’est parce que la situation financière l’exige. Nous avons un réaménagement d’employés. Étant une entreprise régionale, nous ne nous fions pas simplement sur un des marchés pour assurer notre survie. Nous avons les marchés de la Péninsule, la région Chaleur et la Miramichi», a-t-il ajouté.
M. Roussy indique que la station maintient tout de même assez bien le cap et croit fermement que les ondes radiophoniques ont encore de beaux jours devant elles.
«Nous ne sommes pas en danger, mais il ne faut pas attendre que ça aille mal pour s’ajuster. Lors de la venue des premiers téléviseurs, tout le monde avait prédit la mort de la radio. On prédit sa mort toutes les fois qu’il arrive quelque chose de nouveau. La radio est de plus en plus forte et je pense que c’est elle qui est la moins affectée.»