Près d’un enfant sur trois naît par césarienne au N.-B.

DIEPPE – Près d’un enfant sur trois est né par césarienne au Nouveau-Brunswick au cours de l’année 2007-2008. C’est une augmentation de 6 % comparativement à dix ans plus tôt. Si les médecins se veulent rassurants, certains organismes ne cachent pas leur inquiétude.
Au début des années 1980, 14,8 % des femmes accou­chaient par césarienne dans la province. Aujourd’hui, 28 % des naissances ont lieu par le biais de cette intervention chirurgicale.
Parallèlement, le nombre de naissances a diminué dans la province au cours des dernières années, passant de 7072 en 2003-2004 à 6918 en 2007-2008.
Dans les régions du Nouveau-Brunswick, ces taux sont fluctuants. Les trois grandes villes où naissent le plus de bébés par année sont Saint-Jean, Moncton et Fredericton. Toutefois, ce ne sont pas à ces endroits que le taux de naissances par césa­rienne est le plus élevé.
En effet, c’est la région de Campbellton qui compte le plus de naissances par césarienne avec 33,3 %, soit un enfant sur trois. En 2005, un accouchement sur deux y était fait par césa­rienne.
À Saint-Jean, 21,9 % des accouchements ont lieu par césarienne, comparativement à 29,6 % pour la région de Monc­ton.
Ces écarts entre les régions inquiètent la directrice générale du Conseil consultatif sur la condition de la femme, Rosella Melanson.
«On se préoccupe des très grandes variations entre les régions du Nouveau-Brunswick. Quel est le bon taux et pourquoi ces variations? On voudrait qu’il y ait des études de faites sur le sujet.»
Au Canada, il n’y a pas de taux limite pour la pratique de césa­riennes. Toutefois, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a reçu, en 2004, le taux de césa­riennes de 26 pays, dont le Canada, et a établi qu’une moyenne acceptable de césarien­nes par année était de 23,6 %. Au Canada, 27,7 % des naissances ont lieu par césarienne.
«Ça coûte plus cher de faire des césariennes et cela peut mettre en danger la vie de la mère ou de l’enfant. C’est pour cela qu’on doit faire des études pour voir si le taux recommandé par l’OCDE est trop bas, tout comme il faut comprendre pourquoi les taux ne sont pas semblables dans les régions de la province. Est-ce parce que les femmes sont différentes? Est-ce parce que les ressources dans les sections de maternité sont différentes? Est-ce parce que la culture des médecins est diffé­rente?», s’est demandé Rosella Melanson.
Le chef du personnel médical et directeur médical pour la zone de Moncton, David P. Kogon, estime que divers facteurs peuvent expliquer cette augmentation.
«Les risques liés à la grossesse augmentent. Les femmes ont des enfants plus tard, de plus en plus ont des problèmes médicaux, la variété des raisons pour les­quelles il y a plus de gros­sesses risquées explique qu’il y a une augmentation du nombre de césariennes. On parle aussi d’une augmentation au niveau de l’âge de la mère, l’obésité morbide et la population de femmes enceintes augmentent, et ce, pas seulement au Nou­veau-Brunswick. Le besoin des patientes d’avoir recours à une césarienne pour assurer un meil­leur dénouement augmente», a-t-il expliqué.
Selon lui, il ne faut pas s’inquiéter de cette augmentation et il faut aussi prendre en contexte les facteurs de risques d’une grossesse compliquée qui sont aussi à la hausse. Il ne s’explique toutefois pas les différences entre les régions.