D’une beauté rare

CARAQUET – Un soleil radieux, une centaine de petites et gran­des embarcations décorées plus que jamais auparavant, une foule imposante entassée sur le quai et sur les navires de pêche, la bénédiction des bateaux du 47e Fes­tival acadien de Caraquet, qui s’est déroulée dimanche, en a mis plein les yeux et restera gravée dans les mémoires.

La Péninsule acadienne a le coeur à la fête à la veille du Congrès mondial acadien, qui prendra son envol vendredi. Ra­rement a-t-on vu une telle participation à la traditionnelle bé­nédiction des bateaux, tant au niveau des pêcheurs que de la population locale et des touris­tes.
Les gens avaient hâte de prendre la mer. En début d’après-midi, des dizaines de bateaux s’étaient déjà donné rendez-vous près des côtes de Cara­quet. Sur le quai, des pêcheurs mettaient la touche finale à leurs travaux de décoration, puis­que les grands vents de la veille leur avaient compliqué la tâche.
Des dizaines de spectateurs circulaient sur le quai, certains prenant des photos tandis que d’autres prenaient place à bord des navires.
La cérémonie protocolaire a débuté à 18 h. Plusieurs dignitaires ont pris la parole à tour de rôle.
Le ministre des Transports
et député de Centre-Péninsule-Saint-Sauveur, Denis Landry, un habitué de l’événement, a mentionné qu’il n’avait jamais vu autant de gens sur les bateaux et sur le quai.
Fils d’agriculteur, le président du Festival acadien, Clarence Godin, a raconté comment il a appris, avec le temps, à appré­cier le courage et la ténacité de ceux qui gagnent leur vie en prenant la mer.
«Chez nous, quand il était temps de faire la récolte, nous savions que nous allions ramener quelque chose. Les pêcheurs, eux, ne savent jamais s’ils vont ramener quelque chose dans leur cale.»
«La mer, c’est aussi un paradoxe. Tu peux être à un certain endroit, à un certain moment, devant le plus beau paysage que tu auras jamais vu et tu te dis que tu es en train de vivre un mo­ment d’éternité. Puis, tu re­tournes au même endroit, à un autre moment, et c’est l’enfer et tu te dis que tu as des chances de partir pour l’éternité. Pour faire ce métier-là, pour en vivre, il faut avoir du caractère, de la pa­tience et du respect.»
Le père Robert McGraw, qui a procédé à la bénédiction, a tenu à souligner le naufrage, il y a 30 ans, du Sormany. Cinq pêcheurs – Aldéo et Reno Gionet, René Lanteigne, René Chiasson et Roger Allain – ont perdu la vie dans cette tragédie.
Invité spécial, l’écrivain, poè­te et chroniqueur Claude Le Bouthillier, originaire de Bas-Caraquet, a lu un poème portant sur la mer et les pêcheurs.
Quelques heures plus tard, l’artificier Bernard Frigault, qui a remporté la première place aux Grands Feux Telus du Canada il y a deux semaines, a fait briller le ciel près du Carrefour de la mer, à l’intérieur duquel le grou­pe québécois Mes Aïeux a mis la touche finale à une journée de grandes émotions.

Pour voir un reportage vidéo de la bénédiction des bateaux, visitez CapAcadie.com.