Mort d’un enquêteur du FBI, modèle de « Mississippi Burning »

JACKSON, Mississipi – L’ancien agent du FBI à la retraite, Jim Ingram, qui avait aidé les autorités fédérales et locales à rouvrir les dossiers de crimes enfouis de l’époque des droits civiques dans le Mississippi, est décédé à 77 ans.

L’agent avait ouvert avec des collègues un bureau du FBI dans le Mississippi dans les semaines qui suivirent la disparition de trois militants des droits civiques, dans le comté de Neshoba, le 21 juin 1964.

L’affaire a été portée à l’écran par le réalisateur Alan Parker sous le titre « Mississippi Burning ». Les agents fédéraux avaient retrouvé les corps de Michael Schwerner, James Chaney et Andrew Goldman, enterrés sous une digue de terre le 4 août 1964, à plusieurs kilomètres du lieu de leur enlèvement par des hommes du Ku Klux Klan.

En 1967, sept hommes avaient été inculpés pour violations des droits civiques des hommes assassinés, un crime fédéral. Mais aucun ne devait faire alors plus de six ans de prison. Le jugement de Edgar Ray Killen, un dirigeant du Klan et un prêcheur, n’avait pas abouti faute d’unanimité du jury.

En 2005, quarante et un ans après le kidnapping, Ingram aidait les enquêteurs du Mississippi à reconstituer les faits, et finalement, le tribunal du comté de Neshoba parvenait à coincer Killen pour agression et pour avoir manigancé les meurtres. L’ancien chef du Klan est depuis en prison dans un pénitencier fédéral pour purger trois peines consécutives de 20 ans.

Le ministre de la justice Jim Hood a estimé lundi que la contribution d’Ingram avait été décisive pour la réouverture des dossiers. Il avait frappé aux bonnes portes et persuadé des témoins de l’époque de parler aux autorités.

Il avait ensuite repris l’enquête sur l’enlèvement et l’assassinat de deux adolescents noirs, Henry Hezekiah Dee et Charles Eddie Moore, disparus le 2 mai 1964. Les restes de leurs squelettes étaient sortis du fleuve Mississippi deux mois plus tard, alors que les corps de Schwerner, Chaney et Goodman manquaient encore.

Le sujet a été repris par le cinéaste français Bertrand Tavernier dans son dernier film « Dans la Brume électrique ».

Ingram était « un enquêteur incroyablement efficace » qui avait un réel intérêt pour ce que les gens avaient à dire, selon Paige Fitzgerald, procureur à l’époque. « Il pouvait charmer tous les gens qu’il rencontrait », d’après elle.