Un monument pour honorer le père fondateur du CMA

NIGADOO – À la veille de l’ouverture du quatrième Congrès mondial acadien, l’Acadie honore la mémoire du père fondateur de ce rassemblement.

Jamais peut-être Nigadoo n’aura rassemblé autant de monde à un même événement qu’à l’occasion de l’hommage rendu à André Boudreau, hier.
Plus de 400 personnes, dont les membres de sa famille et plu­sieurs dignitaires, ont assisté au dévoilement du monument en bronze dédié à sa mémoire, qui se trouve sur le terrain de l’édifice municipal.
Encore plus de mon­de a parti­cipé au spectacle musical qui a réuni des artistes comme Danny Boudreau, Annie Blanchard et Jean-François Breau.
La cérémonie fut remarquable, émouvante avec une touche
de sim­plicité à l’image d’André Boudreau au dire de Jean-Marie Nadeau, président de la Société de l’Acadie du N.-B. (SANB).
M. Nadeau, qui se qualifie com­me son compagnon d’armes et son frère patriote, est celui qui a eu l’idée d’une grande réunion de famille pour les Acadiens. M. Boudreau a concrétisé son rêve.
Les hommages pour l’homme qu’il était furent fort éloquents. Il est décédé d’un cancer en 2005, à l’âge de 60 ans.
«Devant l’impossible d’un pays réel, il a voulu le Congrès mon­dial acadien comme le trait d’union des Acadiens de la diaspora et l’Acadie du réel afin d’ancrer un jour sur un bout de terre la gran­deur et la richesse de la culture acadienne», a exprimé le père Zoël Saulnier, qui l’a bien connu.
«André est parti, mais ce qu’il a planté continue à germer pour que toujours l’Acadie soit plus qu’un souvenir, plus qu’une émotion, mais une réalité», a-t-il poursuivi, avec des trémolos dans la voix.
M. Boudreau, le père fondateur et président du premier Congrès mondial acadien qui s’est tenu à Moncton en 1994, a également beaucoup fait pour la Francopho­nie ailleurs au pays, plus particu­lièrement en Alberta où il a pas­sé les 20 dernières années de sa vie.
«Des hommes deviennent grands, d’autres des géants. C’est le cas d’André Boudreau de Niga­doo. Avec l’Acadie tatouée dans le cœur, il vouera sa vie à la faire grandir ici et ailleurs, contribuant ainsi à l’épanouissement de la Fran­cophonie canadienne et mon­diale», énonce une partie de la dédicace composée par Jean-Marie Nadeau qui accompagne la sculpture.
Il a reçu plusieurs prix pour son engagement, dont l’Ordre du Canada, en 2000.
Pour l’Acadie, André Boudreau représente le visionnaire. Pour les gens de Nigadoo, c’est le p’tit gars de chez eux, leur fierté.
«Ce monument se veut une re­connaissance du village de Niga­doo, envers un de ses fils. Qui a cru qu’un gars de Nigadoo pouvait se rendre aussi loin qu’un gars de grande ville. Ce mo­nu­ment veut démontrer à no­tre jeu­nesse de croire en nos rê­ves et d’aller jusqu’au bout. C’est le gen­re de leadership que nous vou­lons voir jaillir dans notre communauté», a partagé Gilberte Boudreau, la mairesse de Niga­doo, qui était très émue.

En bref… Un fonds de fiducie pour une bourse André-Boudreau destinée à la jeunesse a été créé.