Fredericton mise sur la bonne volonté et la dénonciation

DIEPPE – La mise en vigueur de la nouvelle législation sur les pesticides dans la province reposera sur la bonne volonté de la population à se plier aux exigences et sur la dénonciation des gens vis-à-vis leurs voisins contrevenants. Aucun agent ne sera embauché pour faire de la surveillance, a appris le journal. 
Le ministère de l’Environnement ne prévoit pas embaucher d’agents qui seront responsables du contrôle, ni de personnel supplémentaire pour répondre aux plaintes transmises par les résidants. Les employés actuels du ministère dans chaque région seront respon­sables de faire respecter la loi. Du moins, lorsqu’ils auront écho d’une situation précise. 
Gestionnaire de la bioscience pour le ministère, Mark Boldon estime que le public a toujours été un bon chien de garde et qu’il transmet des irrégularités et inquiétudes au gouvernement. Ce que le ministère encourage, a-t-il souligné au passage.
Les contraventions pour ceux qui se seront fait dénoncer et reconnus coupables seront de 240 $ au minimum et pourraient atteindre 5120 $, tant pour les particuliers que pour les compagnies d’entretien paysager.
D’ici à l’entrée en vigueur de la nouvelle législation, à l’automne, les gens qui auront en leur possession un produit devenu interdit pourront s’en débarrasser grâce à la commission des déchets solides de leur région. Les magasins qui tiennent ces produits sur les tablettes devront eux aussi s’en débarrasser. 
Une campagne d’information et de sensibilisation pour que la population soit au courant des nouveaux règlements sera effectuée.
Les importateurs et vendeurs de produits qui font l’objet d’interdiction seront aussi informés, mais pour l’instant, peu de compagnies d’entretien paysager contactées par L’Acadie NOUVELLE sont au cou­rant des détails de la nouvelle législation.
Alors que ces dernières critiquent la disparition, entre autres, du 2,4-D, les groupes environnementaux et de protection de la santé sont eux, insatisfaits et trouvent la loi peu sévère.
Mark Boldon croit que le programme développé pour réduire l’usage des pesticides dans la province est excellent. Selon lui, la loi à cet effet en Ontario est différente, mais pas plus sévère. 
Le ministère de l’Environnement interdira la distribution et l’utilisation de plus de 200 produits anti­parasitaires en vente libre servant à l’entretien des pelouses et proscrira l’utilisation de tous les produits 2,4-D sur les pelouses domestiques.
Un processus d’accréditation sera mis en place pour les entreprises d’entretien paysager qui désireront continuer d’utiliser certains produits qui ne seront plus sur les tablettes des magasins.
L’interdiction cible les produits d’entretien de pelouses disponibles sur le marché de la vente au détail qui sont les plus susceptibles d’être surutilisés et mal employés. Les produits contenant le 2,4-D pour l’entretien des pelouses domestiques seront interdits, mais l’utilisation pour l’entretien des terrains de golf pourra continuer à condition qu’ils embauchent une personne accréditée qui offre des services d’entretien de pelouses.
D’ici deux ans, la Loi sur le contrôle des pesticides, édictée en 1974, sera examinée dans le but de réduire davantage l’utilisation inu­tile de pesticides dans la province.

• À lire demain: pour une belle pelouse… sans produits chimiques.