Un spectacle… fantastique!

CARAQUET – Du panache, de la poésie, du suspense… Le violon fantastique en a mis de toutes les couleurs pour sa grande première, hier soir, à la Place du Vieux Couvent de Caraquet!
La scène s’ouvre sur la préparation du Mardi gras. Chants légers, images bucoliques de la grange et de la maison familiale. La fille unique du forgeron (Élizabeth Milo) se berce de rêves et de bonheur naïf, bonheur que veut d’ailleurs son père (Gaétan Robichaud), mais pas à n’importe quel prix.
Survient l’étranger, un cavalier chevronné qui séduira la jeune fille, la transportant dans un univers fleur bleue, avec pour seul but de s’approprier son âme.
Le preux chevalier (Nicolas Basque) a tout pour séduire: une beauté d’esthète, un talent inné pour la musique et pour faire la cour, bref, tout ce dont la jeune femme peut rêver. Il use d’ailleurs de son violon pour charmer, d’abord sur un thème léger, puis s’enflamme presque comme Paganini, enrôlant la fille dans une hypnose qui ne fait en rien l’affaire de son père à l’approche du carême.
S’ensuit un duel fatal entre l’étranger et le forgeron. Les images prennent l’allure des flammes de l’enfer, véritable repère du cavalier diabolique, avec pyrotechnie en sus.
Le violon fantastique avait tout pour charmer: une histoire simple, mais empreinte de poésie, tout comme les images, époustouflantes, comme celles qui caractérisent les rêves de la jeune fille: la douceur de ses rêves comme le printemps qui tarde à arriver, des roses romantiques virevoltant sur les ruines du vieux couvent… Ou encore des projections quasi psychédé­liques, quand le cavalier s’apprête à réaliser son affreux dessein.
Le violon fantastique est un spectacle grandiose où tous les sens sont mis à contribution. Mais ce qu’on retient par-dessus tout, c’est l’éclatante beauté des images, leur justesse et leur rôle dans l’histoire. Une histoire faite de l’Acadie d’avant, adaptée aux goûts du jour et surtout à une volonté clairement assumée de montrer un petit bout de son imaginaire.
Le public, ravi par ces effets singuliers de couleurs et de feux d’artifice, a applaudi maintes fois. Pas pour rien. Parce que ça en valait vraiment le détour. Jamais n’aura-t-on vu le Vieux Couvent aussi lumineux!

En bref… Le spectacle est présenté tous les soirs, du 8 au 19 août, à l’exception du 15… L’auteur de la pièce est Jules Boudreau. Le directeur artistique est Jac Gautreau