Célébré le premier lundi de chaque mois de septembre, le traditionnel Labor Day tombait cette année le 5 septembre. Cette journée permet aux Nord-Américains de bénéficier d’une fin de semaine de plus de trois jours – en comptant la soirée de vendredi – et de profiter de ce temps libre pour se livrer à différentes tâches qui, en général, ont rarement un lien avec leur travail.

Soucieux de toujours vous informer le mieux possible, les journalistes du Gaboteur ont sacrifié leurs jours de repos pour aller à la rencontre des francophones de Saint-Jean et chercher à savoir quel a été leur emploi du temps en ce jour chômé.

Le Labor Day tire ses origines des évènements du 5 septembre 1882 où pour la première fois des ouvriers new-yorkais, alors soumis à des conditions de travail terribles, défilèrent pour revendiquer un meilleur mode de vie. Officialisé durant l’été 1885 par le Central Labor Union, le Labor Day, fixé au premier lundi de septembre de chaque année, est déclaré jour de repos obligatoire.

Les habitants de la province de Terre-Neuve-et-Labrador sont des personnes chanceuses. La fin de semaine des 3, 4 et 5 septembre a bénéficié d’un temps exceptionnel, sous une température moyenne dépassant les 25 degrés. Les citadins de la ville de Saint-Jean et plus particulièrement les francophones et les francophiles n’avaient donc aucune excuse pour rester devant la télévision.

La première famille de francophones que nous avons abordée illustre parfaitement l’idée que nous nous faisions des occupations des gens en ce jour non travaillé: poussette, lunettes de soleil, tenues légères, portable dans une main et boisson fraîche dans l’autre. Après de brèves présentations, la jeune mère de famille, Johanna, nous explique qu’au grand désarroi de son époux ils n’ont rien pu programmer à l’avance: salariée d’une supérette, elle est en effet au travail toute la journée du samedi et du dimanche. Aussi se sont-ils contentés d’une sortie au cinéma le dimanche soir, et ce lundi d’une bonne promenade digestive et d’une partie de pêche. Laissant cette petite famille poursuivre sa promenade, nous continuons pour notre part à chercher d’autres personnes à interviewer.

Sur le coup de midi, nous remarquons devant un fastfood une petite fille en train de parler à sa poupée, dans un français exceptionnel. Nous amorçons donc une approche dans l’intention de rencontrer ses parents et de les questionner sur leurs occupations en ce Labor Day. Ceux-ci, Monsieur et Madame Parsons, nous disent être bien occupés aujourd’hui. Ils viennent en effet de racheter une maison et se sont levés dès 5 h 30 pour y faire de gros travaux, avec l’aide d’un groupe d’amis. Mais, racontent-ils, ils se sont rapidement échappés du chantier pour aller acheter «des tonnes de nourritures»: il s’agit en effet de nourrir tout ce petit monde, leurs «ogres d’amis», qui normalement participeront aux travaux jusqu’à la tombée de la nuit. Avant que nous les quittions, la petite fille – Jessica – nous explique qu’elle va continuer à jouer jusqu’à mardi, car mercredi elle fait pour la première fois sa rentrée au centre scolaire des Grands-Vents. Le monde est petit, conclut Mme Parsons, avant de réceptionner son énorme commande.

Les heures de ce 5 septembre 2011 continuent ainsi de s’égrener tranquillement et notre équipe, malgré une persévérante recherche, ne parvient pas à rencontrer beaucoup de personnes de la communauté. Vers 15 h 30 pourtant, alors que nous arrivons sur Water Street, nous avisons à la terrasse d’un café deux adolescentes francophones de 17 ans: Lorna-Marie et Leah. Elles nous expliquent avec un peu de tristesse dans la voix que, pour elles, «la fête du travail» signifie la fin des vacances, et par conséquent le retour à l’école dès le mercredi. «J’ai travaillé pendant deux mois comme maître-nageuse à l’Aquarena de Saint-Jean dans une ambiance formidable (…) Aujourd’hui, j’ai rangé dans mon armoire mon maillot de bain, pour ressortir mes classeurs, mes cahiers, ma trousse et surtout mon sac… J’ai le blues» nous confie-t-elle en regardant son agenda, dépitée, à la date du 7 septembre, jour de rentrée des classes.

Alors que le soleil commence à décliner sur la belle ville de Saint-Jean, nous décidons d’arrêter de travailler – oui, discuter avec les gens quand on est journaliste, c’est un travail – pour profiter des dernières heures de l’édition 2011 du Labor Day. Sur le chemin du retour, une voiture arborant fièrement une plaque aux couleurs de l’Acadie attire notre attention. À son bord un jeune étudiant francophile du nom d’Ian, qui parle un très bon français. Après quelques plaisanteries sur sa tenue (il est en effet couvert de terre), il nous explique : «J’ai appris le français dès mon plus jeune âge et je continue encore aujourd’hui au collège, dans une classe d’immersion.» Puis, remarquant nos sourires, il ajoute: «Oui, je suis plein de terre, je sais! J’ai fait du vélocross toute la journée à Mundy Pond et comme je débute, il y a forcément quelques chutes…» Nous décidons d’arrêter l’entretien sur cette phrase et de laisser Ian aller prendre une douche bien méritée.
Préparer la rentrée des classes, aller à la pêche, «essayer» de faire du sport ou encore faire des travaux avec l’aide d’amis: voici donc, selon les observations que nous avons pu faire à travers ces quelques entretiens, un échantillon des activités auxquelles s’adonnent les francophones de Saint-Jean en ce jour de Fête du travail. Qu’ils restent sur place plutôt que de quitter la ville se comprend aisément: les vacances viennent juste de se terminer et la rentrée des classes aura lieu dans seulement trois jours. De plus, la ville est si belle et le temps si estival qu’il eût été dommage d’aller chercher ailleurs…

-Pour d’autres nouvelles de la communauté francophone de Terre-Neuve-et-Labrador, consultez le site web du journal Le Gaboteur.
 

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle