Un festival réussi

NOUVELLE-ÉCOSSE – De nombreux participants ont bravé le temps pas toujours clément pour assister au premier Festival des cultures francophones, organisé pour les 20 ans du Conseil Communautaire du Grand-Havre (CCGH). Ce festival s’est déroulé du 23 au 25 septembre, dans un chapiteau, situé près du Musée maritime, sur le front de mer d’Halifax.

Le CCGH a été une fois de plus à la hauteur de sa mission, consistant à promouvoir le développement global de la communauté francophone de la municipalité régionale d’Halifax, en offrant une variété de spectacles amateurs et professionnels à la communauté.
Les employés du CCGH et la soixantaine de bénévoles mobilisés pour ce festival ont permis au public de découvrir des artistes francophones, dans une ambiance festive. D’après Claude Renaud, président du CCGH, le festival souhaite souligner la diversité francophone de la région d’Halifax.
Selon Jules Chiasson, directeur général du CCGH et président du Festival des cultures francophones, «Halifax se compose de 12 000 francophones et de 45 000 personnes bilingues. De 1996 à 2006, la population bilingue d’Halifax a augmenté de 10 000 personnes».
Cela devrait être qu’un début, car à l’heure actuelle, plus de 8 000 élèves apprennent le français dans un programme d’immersion.
L’idée d’organiser un festival pour célébrer les 20 ans du CCGH est venue lors d’un repas de Noël organisé avec les membres du CCGH et a remporté l’adhésion commune.
Une exposition de kiosques, représentant entre autres différents organismes francophones tels que la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, la Fédération culturelle acadienne de la Nouvelle-Écosse, l’Université Sainte-Anne, la Radio Halifax Métro, le CCGH, l’Alliance française d’Halifax, la Société promotion Grand-Pré et Le Courrier de la Nouvelle-Écosse ainsi que des entreprises implantées localement, était ouverte au public pendant le festival.
Au programme, dix concerts d’artistes francophones, deux cafés littéraires, un salon du livre et une exposition de peintures d’artistes francophones étaient organisés.
Pour sa première édition, le festival a été organisé en concertation avec d’autres événements culturels ayant lieu la même fin de semaine à Halifax. Il s’agissait du Bazar africain international et de la Ruée des mots d’Halifax.
Des partenariats entre les organismes ont été mis sur pied et ont permis de faire une seule conférence de presse pour présenter ces trois événements.
L’honorable Graham Steele, ministre des Affaires acadiennes et des Finances, présent lors de l’ouverture officielle du festival, a d’ailleurs souhaité que ces organismes continuent à travailler ensemble.
Au sein de ce festival, le lancement de la version française du guide de la municipalité régionale d’Halifax remis aux nouveaux arrivants a eu lieu le vendredi 23 septembre à 16 h.
Ce guide, réalisé en collaboration entre la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE), Immigration francophone et la ville d’Halifax, a mis neuf mois à être réalisé et s’inspire du guide en anglais. Il propose des informations utiles sur le transport, le logement, la santé, entre autres, et offre des conseils pour trouver un emploi, créer son entreprise et s’intégrer à la vie communautaire.
Le maire Peter Kelly a remercié les personnes qui se sont impliquées dans la réalisation de ce guide qui, selon ses dires, «saura aider les nouveaux arrivants à s’intégrer dans notre belle ville».
Justin Mury, vice-président de la FANE, a souligné que «le but ultime de ce guide est de fournir les informations nécessaires aux nouveaux arrivants pour rendre leur intégration dans notre communauté des plus facile et agréable».
Louise Diop, coordonnatrice de la région d’Halifax d’Immigration francophone, était heureuse de l’aboutissement de ce projet et voit en ce guide «un geste fort et au-delà du geste, un côté pratique pour les arrivants francophones».
Selon elle, ce guide encourage l’immigration francophone. Elle souhaiterait que ce guide soit présent dans les aéroports des grandes villes. Même si elle reconnaît que ce guide est «une belle étape», elle souhaiterait bénéficier de davantage de services dans la deuxième langue du Canada, «comme des agents bilingues à la mairie ou au service clientèle de Access Nova Scotia».
Au cours du festival, une grande place aux rythmes africains a été accordée avec la venue d’Edo King et Africa Nova Musica, des musiciens originaires d’Afrique et d’Amérique du Sud et d’Élage Diouf qui ont su faire danser le public et apporter une ambiance festive, lors de la première soirée du festival.
Le lendemain, une musique plus commune aux résidents de la Nouvelle-Écosse, mais également de grandes qualités, a résonné avec le groupe BBQ Kings, qui a entonné un répertoire de grands classiques cajuns et Grand Dérangement, originaire de la Baie Sainte-Marie, qui propose une approche musicale s’inspirant à la fois de la chanson française, de la musique celtique, du rock et du folk.
Des artistes locaux ont emprunté la scène, devant près de 70 personnes, tout ouïe aux chansons entraînantes de la chorale Les Voix d’Acadie, à la sonorité envoûtante de la guitare classique d’Alain Leblanc, et aux rythmes mélodiques du trio, Les sœurs Doucet, trois artistes originaires de Chéticamp, qui se sont distinguées malgré leur jeune âge au violon, à la mandoline et au piano.
Queen Ka a interprété du slam, devant un public conquis. Ces textes, abordant avec humour des sujets, comme le changement climatique, n’ont pas manqué de faire sourire le spectateur.
Les Surveillantes, regroupant des artistes originaires du Manitoba, ont amené un brin d’humour avec des chansons, traitant avec légèreté des thèmes sérieux comme l’urbanisation. Le festival s’est terminé sur une note de Quimorucru, un groupe folk québécois, qui a transmis sa bonne humeur au public.
Deux cafés littéraires, traitant de la littérature et de l’exil ainsi que la rencontre des genres ont permis au public de rencontrer le bédéiste Paul Roux, la journaliste et l’auteure Aurélie Resch, le romancier Lawrence Hill, l’artiste poète et essayiste Charles Baurin, le poète et dramaturge Herménégilde Chiasson et l’artiste de slam Queen Ka .
Une discussion passionnante sur la notion d’exil, liée à la création littéraire a eu lieu le samedi matin, devant une quarantaine de personnes. Le dimanche matin, le café littéraire a porté davantage sur les rapports personnels avec l’écriture, l’art et ce qu’un travail de création apporte au quotidien aux artistes.
La directrice de l’Alliance française, Isabelle Pédot, a présenté la saison culturelle à venir. Revenant sur les activités régulières de projections de films et de documentaire ainsi que des conférences, elle a invité le public à prendre connaissance des événements culturels, de l’ordre d’un par semaine, en consultant le site Web: www.afhalifax.ca.
Karine Berger, coordinatrice de développement communautaire et de communication, et Mario Bradet, agent de développement communautaire et de communication, ont présenté la nouvelle saison culturelle du CCGH. À noter, le spectacle de Zachary Richard et l’Assemblée générale du CCGH qui se dérouleront en octobre. La Fureur du livre et le spectacle de Ryan Doucette seront organisés en novembre. Pour connaître le programme complet du CCGH, veuillez consulter le site Web: www.ccgh.ca
Pour un premier festival, Jules Chiasson se dit très satisfait, mais il reconnaît n’avoir pas encore toutes les cartes en mains pour faire une évaluation complète du festival et de sa fréquentation.
Espérons que le bilan de cet événement soit à la hauteur des attentes pour que ce festival, selon le souhait de M. Chiasson, «se poursuive pour un autre vingt ans».

-Pour d’autres nouvelles de la communauté francophone de la Nouvelle-Écosse, consultez le site web du Courrier de la Nouvelle-Écosse.