Higgs dit oui aux hausses d’impôt, mais seulement en dernier recours

FREDERICTON – Le ministre des Finances, Blaine Higgs, voit la possibilité de hausser certaines taxes et impôts comme un dernier recours. «Ce n’est pas notre vision des choses que de hausser les taxes ou les impôts. Évidemment, nous voulons accroître les revenus du gouvernement, mais par la voie de la croissance économique et démographique», a assuré le ministre lors d’un entretien téléphonique avec l’Acadie Nouvelle.
Mais lorsque nous lui avons demandé s’il pouvait totalement exclure cette possibilité il a répondu «Non, je ne peux pas l’exclure».
Au cours de la semaine, la réticence du gouvernement Alward à envisager des hausses de taxes ou d’impôts a été critiquée par des leaders syndicaux, notamment Daniel Légère du SCFP et Tom Mann du Syndicat du Nouveau-Brunswick.
Ils sont d’avis qu’il faut que le gouvernement se résigne à envisager une telle possibilité, afin d’éviter une trop forte érosion des services gouvernementaux.
C’est aussi ce que croit l’économiste Pierre-Marcel Desjardins de l’Université de Moncton.
Selon lui, la réduction des dépenses doit s’accompagner d’une hausse des revenus de taxation.
«Les réductions d’impôts présentées par les libéraux il y a quelques années sont des réductions d’impôts que nous ne pouvons nous permettre de faire. Elles ont grandement amplifié les difficultés financières de la province», pense l’économiste.
«Revenir sur ces décisions aiderait le gouvernement à retrouver le chemin de l’équilibre budgétaire. Tou­tefois, il ne faut pas penser que ce serait suffisant. La situation actuelle des finances publiques de la province exige à la fois que le gouvernement prenne des actions au niveau des revenus, mais également au niveau des dépenses. Malheureu­sement, l’ampleur du défi est telle qu’une seule série de mesures – que ce soit au niveau des dépenses ou encore au niveau des revenus – ne sera pas suffisante. Il faut à la fois cibler les dépenses et les revenus», estime M. Desjardins.
Mais pour le moment, le ministre des Finances se concentre sur la réduction des dépenses et dit que l’appareil gouvernemental dans son ensemble est passé au peigne fin.
M. Higgs cherche d’abord à déterminer quels sont les services que le gouvernement se doit d’offrir et comment il peut le faire de la façon la plus rentable possible.
«Nous avons mené une analyse exhaustive des activités gouvernementales, et ce, dans tous les ministères. Nous voulons nous assurer que les services gouvernementaux sont livrés de manière adéquate et rentable. Cette analyse va culminer au cours des prochaines semaines alors que nous nous apprêtons à entreprendre les consultations prébudgétaires.
«Nous sommes à identifier des secteurs bien précis où nous devons améliorer la façon dont sont livrés certains services, mais aussi quels types de services sont requis», a déclaré le ministre.
En d’autres mots, le ministre indique qu’il se peut fort bien que le gouvernement décide de ne plus offrir certains services. Blaine Higgs nous a confié que c’est ce qu’il voulait dire lorsqu’il a parlé, au cours de l’été, des choix difficiles qui s’annonçaient pour le gouvernement actuel.