Une ancienne employée poursuit Saint-André

GRAND-SAULT – L’ex-greffière-trésorière de la Communauté rurale de Saint-André, Gisèle Ouellette, poursuit son ancien employeur pour ce qu’elle allègue être un congédiement contenant des vices de procédure.

Dans la lettre qui lui a été remise lors de son congédiement, le conseil municipal de la Communauté rurale de Saint-André explique que des irrégularités administratives sont à l’origine de son renvoi.

On lui reproche, notamment, de ne pas avoir remis à temps ou préparé des rapports de comptabilité, ainsi que l’absence de pièces justificatives pour le paiement de factures d’eau et d’égout. On l’accuse aussi d’être responsable de montants manquants dans les coffres municipaux.

Dans son document d’avis de poursuite, déposé le 2 juin 2011, l’avocat de la défenderesse, Me Clarence Bennett, soutient que des vices de procédure ont marqué son congédiement. Il affirme aussi qu’elle a été jugée responsable par son employeur de fonds manquants sans qu’elle puisse s’expliquer sur ces allégations.

Le 15 décembre 2010, lors d’une réunion plénière, le conseil municipal a adopté une résolution comme quoi il congédiait sa greffière-trésorière municipale. Elle a immédiatement cessé son travail.

Ce n’est qu’à l’assemblée mensuelle publique du 28 mars 2011 que la résolution a été adoptée par les élus.

Mme Ouellette, âgée de 42 ans, a été une employée de la Communauté rurale de Saint-André (autrefois le Village de Saint-André) durant 16 ans, soit de 1994 à 2010.

Le 29 novembre 2010, Mme Ouellette dit avoir été invitée à prendre part à une réunion plénière non prévue des élus municipaux.

À ce moment, elle a été questionnée sur des fonds manquants dans les coffres de la municipalité. Des montants de factures d’eau et d’égout supposément payés étaient introuvables.

«Je n’ai jamais été avisée de ces allégations à mon égard ou que des fonds étaient manquants. Je n’ai jamais eu la chance de retourner pour vérifier les livres», a-t-elle dit dans un affidavit déposé à la cour en précisant qu’elle a alors nié son implication et a répondu aux meilleures de ses connaissances aux questions des élus.

Une rencontre a suivi le lendemain en présence de la firme comptable de la municipalité à la suite de quoi elle été suspendue pour une semaine.

De retour pour une autre rencontre avec le conseil municipal, le 5 décembre, Mme Ouellette affirme qu’on lui a de nouveau demandé si elle savait ce qui s’était produit avec l’argent manquant. Elle a de nouveau dit ne pas le savoir et a demandé pour vérifier les livres. Sa suspension a été maintenue jusqu’à avis contraire.

Au cours d’une autre rencontre plénière avec les élus, le 15 décembre, Mme Ouellette a appris que ses services n’étaient plus requis. Elle soutient avoir été payée jusqu’au 10 décembre 2010.

«Aucune somme d’argent n’est disparue durant mes 16 ans de travail pour mon employeur. J’ai été traitée injustement, comme si les élus ne voulaient pas entendre d’explications. Encore aujourd’hui, je ne sais pas sur quoi le conseil s’est basé pour prendre cette décision», écrit-elle encore dans son affidavit.

Mme Ouellette ne souhaite pas réintégrer son emploi. Elle veut obtenir un dédommagement financier.

La cause sera entendue le 31 janvier 2012 en Cour du Banc de la Reine, à Edmundston.