15 ans de prison pour Raymond Joseph White

MONCTON – Le verdict de Raymond Joseph White, reconnu coupable d’un double meurtre survenu en 1995, a été rendu mardi midi à la Cour provinciale à Moncton. Il a reçu une peine de prison à vie, sans possibilité de libération avant 15 ans. Son ADN va également être relevé à vie.

Le père de Larry William Mills junior et ex-conjoint de Mary Lou Barnes, tous deux tués par Raymond Joseph White, était visiblement satisfait à la sortie de la cour. «Maintenant, la mère et le fils peuvent reposer en paix», a-t-il déclaré.

La séance a débuté à 10 h 30. L’avocat de la défense a expliqué pendant une trentaine de minutes les circonstances de la mort de Larry William Mills junior (12 ans) et de Mary Lou Barnes (37 ans).

La salle du Palais de justice était pleine. À part quelques sanglots, tous étaient silencieux et écoutaient avec attention. Pendant ce temps, dans le box des accusés, Raymond Joseph White était impassible. Sans réaction apparente, il regardait droit devant lui, sans jeter un regard ni aux proches des victimes, ni aux avocats, ni au juge.

«Les deux victimes sont mortes par étranglement, pour des raisons qui sont encore inconnues. Compte tenu des faits, je suggère une sentence qui empêcherait de revivre cette terrible histoire aux témoins et aux proches, soit une sentence d’un minimum de 15 ans de prison», a déclaré l’avocat de la défense à la fin de son plaidoyer. Larry Mills père a alors été invité à livrer un témoignage.

«C’est un cauchemar que je vis depuis 16 ans. Je sais que je n’ai pas à me blâmer et que ce n’est pas de ma faute, mais je ne peux m’empêcher de me dire que si j’avais été là, peut-être que j’aurais pu sauver mon fils. Il aurait eu 28 ans aujourd’hui. J’aurais peut-être été grand-père», a-t-il déclaré, pendant que la foule pleurait.

Après son témoignage, le juge a déclaré qu’il lui fallait un peu plus de temps pour décider. Il a donné rendez-vous aux personnes intéressées à 11 h 45 pour la livraison de sa déclaration. Avant de la rendre, il a demandé à Raymond Joseph White s’il n’avait pas quelque chose à déclarer.

«Je suis désolé de m’avoir caché pendant 16 ans, pour le délai que j’ai eu avant de plaider coupable!»

En effet, ce n’est qu’en 2010, alors que la cour avait en main toute la preuve nécessaire, qu’il a choisi de plaider coupable. Seize ans après les faits qui sont survenus le 6 novembre 1995.

«Je ne vais certainement pas le remercier de s’être excusé pour le délai», a déclaré le père, Larry Mills, en réaction aux excuses du meurtrier.

Lors du prononcé de la sentence, le juge lui-même a eu un moment d’émotion, félicitant les enquêteurs pour leur «travail sans relâche». Larry Mills a passé un long moment à étreindre les enquêteurs et policiers, qui l’ont aidé à «poursuivre sa lutte pour la justice».

«Quand on est bien entouré, justice peut-être rendue!»